Œuvre
Madame Bovary (1857)
L'amour, croyait-elle, devait arriver tout à coup, avec de grands éclats et des fulgurations, ouragan des cieux qui tombe sur la vie, la bouleverse, arrache les volonté comme des feuilles et emporte à l'abîme le coeur entier.
Le devoir, c'est de sentir ce qui est grand, de chérir ce qui est beau, et non pas d'accepter toutes les conventions de la société, avec les ignominies qu'elle nous impose.
Leurs pensées, confondues dans la même angoisse, s'étreignaient étroitement, comme deux poitrines palpitantes.
Les bonheurs futurs, comme les rivages des tropiques, projettent sur l'immensité qui les précède leurs mollesses natales, une brise parfumée, et l'on s'assoupit dans cet environnement, sans même s'inquiéter de l'horizon que l'on n'aperçoit pas.
Un infini de passion peut tenir dans une minute, comme une foule dans un petit espace.
Quelle meilleure chose, en effet, que d'être le soir au coin du feu avec un livre, pendant que le vent bat les carreaux, que la lampe brûle.
Le dénigrement de ceux que nous aimons toujours nous en détache quelque peu. Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains.
Pourquoi déclamer contre les passions ? Ne sont elles pas la seule belles choses qu'il y ait sur la terre, la source de l'héroïsme, de l'enthousiasme, de la poésie, de la musique, des arts, de tout enfin ?
Cette lâche docilité qui est pour bien des femmes comme le châtiment tout à la fois la rançon de l'adultère.
Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.
Tout bourgeois, dans l'échauffement de sa jeunesse, ne fût-ce qu'un jour, une minute, s'est cru capable d'immenses passions, de hautes entreprises. Le plus médiocre libertin a rêvé des sultanes ; chaque notaire porte en soi les débris d'un poète.
Elle aurait voulu ne plus vivre, ou continuellement dormir.
Comment n'avait-elle pas saisi ce bonheur là, quand il se présentait ! Pour ne l'avoir pas retenu à deux mains, à deux genoux, quand il voulait s'enfuir ?
On chantait, on s'agenouillait, on se relevait, cela n'en finissait pas !
Vous profitez impudemment de ma détresse, monsieur Je suis à plaindre, mais pas à vendre.
Pourquoi déclamer contre les passions ? Ne sont elles pas la seule belles choses qu'il y ai sur la terre, la source de l'héroïsme, de l'enthousiasme, de la poésie, de la musique, des arts, de tout enfin ?
Vous est-il arrivé parfois, de rencontrer dans un livre une idée vague que l'on a eue, quelque image obscurcie qui revient de loin, et comme l'exposition entière de votre sentiment le plus délié ?
Elle se répétait : J'ai un amant ! un amant ! se délectant à cette idée comme à celle d'une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l'amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré.
Ils se regardèrent et leurs pensées, confondues dans la même angoisse, s'étreignaient étroitement, comme deux poitrines palpitantes.
C'est une chose étrange, pensait Emma, comme cette enfant est laide !
Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre.
Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s'approchèrent. Elle n'existait plus.
Alors elle s'était tue, avalant sa rage dans un stoïcisme muet, qu'elle garda jusqu'à sa mort.
Quelle meilleure chose, en effet, que d'être le soir au coin du feu avec un livre, pendant que le vent bat les carreaux.
Elle était l'amoureuse de tous les romans, l'héroïne de tous les drames, le vague elle de tous les volumes de vers.