L'adversité est sans doute un grand maître, mais ce maître se fait payer cher ses leçons et souvent le profit qu'on en retire ne vaut pas le prix qu'elles ont coûté.
Œuvre
Les Rêveries du promeneur solitaire (1776-1778, édition posthume 1782)
42 citations · Jean-Jacques Rousseau · sur Dicocitations ↗
La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse; la vieillesse est le temps de la pratiquer. L'expérience instruit toujours, je l'avoue; mais elle ne profite que pour l'espace qu'on a devant soi.
Soyons toujours vrai au risque de tout ce qui en peut arriver. La justice elle-même est dans la vérité des choses.
S'il faut être juste pour autrui, il faut être vrai pour soi, c'est un hommage que l'honnête homme doit rendre à sa propre dignité.
Réduit à moi seul, je me nourris, il est vrai, de ma propre substance, mais elle ne s'épuise pas...
Ces feuilles ne seront proprement qu'un informe journal de mes rêveries. Il y sera beaucoup question de moi parce qu'un solitaire qui réfléchit s'occupe nécessairement beaucoup de lui-même.
C'est la force et la liberté qui font les excellents hommes. La faiblesse et l'esclavage n'ont fait jamais que des méchants.
Si j'étais resté libre, obscur, isolé, comme j'étais fait pour l'être, je n'aurais fait que du bien : car je n'ai dans le coeur le germe d'aucune passion nuisible.
Si j'eusse été invisible et tout-puissant comme Dieu, j'aurais été bienfaisant et bon comme lui.
Je fais la même entreprise que Montaigne, mais avec un but tout contraire au sien ; car il n'écrivait ses Essais que pour les autres, et je n'écris mes rêveries que pour moi.
Quoi que fassent les hommes, le ciel à son tour fera son oeuvre.
Les petites privations s'endurent sans peine, quand le coeur est mieux traité que le corps.
J'ai toujours cru qu'avant d'instruire les autres il fallait commencer par savoir assez pour soi.
Seul pour le reste de ma vie, puisque je ne trouve qu'en moi la consolation, l'espérance et la paix, je ne dois ni ne veux plus m'occuper que de moi.
J'étais fait pour vivre, et je meurs sans avoir vécu.
De quelque façon que les hommes veuillent me voir, ils ne sauraient changer mon être, et malgré leur puissance et malgré toutes leurs sourdes intrigues, je continuerai, quoi qu'ils fassent, d'être en dépit d'eux ce que je suis.
Tout est fini pour moi sur la terre. On ne peut plus m'y faire ni bien ni mal. Il ne me reste plus rien à espérer ni à craindre en ce monde, et m'y voilà tranquille au fond de l'abîme, pauvre mortel infortuné, mais impassible comme Dieu même.