Œuvre

Les funambules (1980)

Un instant de doute nous ramène droit à notre point de départ et nous sommes étrangers à ce que nous croyons connaître, posséder depuis quelques jours.
Quand un sentiment est inexprimable, dupé par le désir que l'on a de l'autre, c'est de l'amour, n'est-ce pas ?
Si ténus et si vagues que soient nos rapports avec autrui, on réalise par la suite l'erreur qui nous ferme une porte.
L'être convoité nous fait aimer l'amour.
C'est l'ensemble de la vie individuelle que l'on devrait nommer destin et non pas ce futur tangible qui, d'une heure sur l'autre, remet tout en question, fait de nous une épave ou un héros.
Le vrai désir n'est peut-être pas la possession d'un être, mais sa dépossession dans l'attente du plaisir, du rejet du monde où nous sommes enfermés avant d'entrer dans un monde extatique.
La féerie est un monde vivant que l'imagination de l'enfant est seule capable de créer à sa démesure; les fées ont été inventées par les adultes pour tuer la féerie des lieux et je préférais déjà la légende qui me permettait de retrouver la terre.
Le coeur est un voyeur lorsqu'il est épris.
Le temps lorsqu'il est employé dans ses moindres détails devient notre pire ennemi.
Tout acte est révélation ou aveuglement selon nos dispositions psychiques.
Parce qu'elle vieillit plus vite, un homme ne devrait pas épouser une femme de son âge...
La vie se prête, ne se rend pas. Elle se perd comme un livre que l'on confie et que l'on ne revoit jamais.