Œuvre
Les Combustibles (1994)
Que notre vie n'ait pas de valeur artistique, c'est très possible. Raison de plus pour que le littérature en ait une.
Votre vie peut être médiocre, puisque la littérature compensera.
L'évêque Remi baptisait Clovis en disant: Brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé. Cette phrase m'a toujours fasciné. Elle est devenue mon emploi du temps.
Les gens sont les mêmes dans la lecture que dans la vie: égoïstes, avides de plaisir et inéducables. Il n'appartient pas à l'écrivain de se lamenter sur la médiocrité de ses lecteurs mais de les prendre tels qu'ils sont.
C'est si confortable de continuer à salir la réputation d'un livre. Aucun risque que le bouquin se venge: c'est ça qui est bien avec la littérature. On peut tout se permettre.
Un livre est un bibelot que l'on contemple pour se consoler du monde.
Comment pourrais-je tenir à la vie, depuis que je connais sa vraie nature?
Tout assistant considère son professeur comme un imbécile et le contraire est valable aussi.
A quoi sert-il d'exposer une vision du monde si le monde s'en fout ?
Daniel au Professeur : On lit pour découvrir une vision du monde.