Et s'ils ont défailli à ce soutien en temps opportun, ne seraient-ils pas plus utiles à leur texte en l'aimant quand même, de cet amour véritable qui ne s'exprime pas par la logorrhée mais par un silence ponctué de mots forts?
❧
A quoi sert-il d'exposer une vision du monde si le monde s'en fout ?
◆
À lire aussi de Amélie Nothomb
Quand on tombe amoureux, on négocie après coup avec soi-même, histoire de voir si on s'autorise cette absurdité.
L'amour concentre la certitude et le doute : on est sûr d'être aimé autant qu'on en doute, non pas tour à tour, mais en une simultanéité déconcertante. Chercher à se débarrasser de ce versant dubitatif en posant mille questions à l'aimée, c'est nier la nature radicalement ambiguë de l'amour.
Pour convaincre un élu de sa mission, il faut en passer par ses nerfs.
Ecrire ? Ne soyez pas vulgaire, je vous prie. Il n'y a pas plus commun qu'écrire. Aujourd'hui, le moindre footballeur écrit.
Dans la même œuvre
Que notre vie n'ait pas de valeur artistique, c'est très possible. Raison de plus pour que le littérature en ait une.
Votre vie peut être médiocre, puisque la littérature compensera.
L'évêque Remi baptisait Clovis en disant: Brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé. Cette phrase m'a toujours fasciné. Elle est devenue mon emploi du temps.
Les gens sont les mêmes dans la lecture que dans la vie: égoïstes, avides de plaisir et inéducables. Il n'appartient pas à l'écrivain de se lamenter sur la médiocrité de ses lecteurs mais de les prendre tels qu'ils sont.
C'est si confortable de continuer à salir la réputation d'un livre. Aucun risque que le bouquin se venge: c'est ça qui est bien avec la littérature. On peut tout se permettre.