Œuvre

Le Roman inachevé (1956), La beauté du diable

Jeunes gens le temps est devant vous comme un cheval échappé - Qui le saisit à la crinière entre ses genoux qui le dompte - N'entend désormais que le bruit des fers de la bête qu'il monte - Trop à ce combat nouveau pour songer au bout de l'équipée.
Celui qui croit pouvoir mesurer le temps avec les saisons - Est un vieillard déjà qui ne sait regarder qu'en arrière - On se perd à ces changements comme la roue et la poussière - Le feuillage à chaque printemps revient nous cacher l'horizon.
Enfance un beau soir vous avez poussé la porte du jardin - Du seuil voici que vous suivez le paraphe noir des arondes - Vous sentez dans vos bras tout à coup la dimension du monde - Et votre propre force et que tout est possible soudain.