Je dis tant de choses sur la différence ténue entre les femmes et les arbres, Sur la magie de la terre, sur un pays dont je n'ai trouvé le tampon sur aucun passeport. Et je demande : Mesdames et messieurs aux coeurs bons, la terre des hommes est-elle, comme vous l'affirmez, à tous les hommes ?
Œuvre
La terre nous est étroite et autres poèmes (2000)
15 citations · Mahmoud Darwich · sur Dicocitations ↗
Le vent m'emporte lorsque la terre me devient étroite. Il me faut voler et brider le vent. Mais je ne suis qu'un fils d'Adam.
Il y a des morts qui sommeillent dans des chambres que vous bâtirez. Des morts qui visitent leur passé dans les lieux que vous démolissez. Des morts qui passent sur les ponts que vous construirez. Et il y a des morts qui éclairent la nuit des papillons, qui arrivent à l'aube pour prendre le thé avec vous, calmes tels que vos fusils les abandonnèrent. Laissez donc, Ô invités du lieu, quelques sièges libres pour les hôtes, qu'ils vous donnent lecture des conditions de la paix avec les défunts.
Je ne désire de l'amour que le commencement. Les pigeons ravaudent le vêtement de ce jour. Les fenêtres sont vides des jardins de ton châle. En un autre temps. Je savais nombre de choses de toi et je cueillais le garénia.
Je suis toi dans les mots. Un même livre nous réunit. Nous sommes également couverts de cendre et nous n'étions. Dans l'ombre que deux victimes, deux témoins Deux courts poèmes sur la nature Attendant que le ravage achève son destin.
La poésie est née des premiers étonnements devant la vie, quand l'humanité naissante s'interrogea sur les premiers mystères de l'existence. C'est ainsi que l'universel fut, dès l'origine, local.
J'invite la terre à être le tabernacle de mon âme lasse.
Dais de moi, si je rentre un jour - Une ombrelle pour tes paupières - Recouvre mes os de cette herbe - Baptisée sous tes talons innocents.
Comment les cinq sens essaient-ils d’entrevoir le prodige - \r\nQuand tes yeux sont des miracles ? - \r\nTu dors à l’heure où les vagues m’enlèvent - \r\nEt aux frontières de ta poitrine, débute la mer.
Puissent les mots, enfin limpides, nous laisser entrevoir les fenêtres ouvertes - \r\nPuisse le temps se hâter avec nous, et apporter notre lendemain dans ses bagages.
Je t'ai demandé de te vêtir de moi, automne, pour me faner en toi et reverdir à deux.
Les souvenirs sont parfois l’identité des étrangers. Mais le temps s’unit au souvenir. Il enfante des réfugiés que le passé abandonne et laisse sans souvenir.
La guerre : Elle démolit notre pièce de théâtre pour nous contraindre à jouer sans texte ou dialogues.
Et nous chantons en cachette : Beyrouth est notre tente. Beyrouth est notre étoile.
J'ai la nostalgie du pain de ma mère, - \r\nDu café de ma mère, - Des caresses de ma mère... - Et l'enfance grandit en moi, - Jour après jour, - Et je chéris ma vie, car - Si je mourais, - J'aurais honte des larmes de ma mère !