Œuvre

L'Esprit de solitude (2001)

La solitude est un détachement qui mène à un débordement. Si elle ne fructifie pas, elle n'est qu'isolement.
Le geste naturel au sentiment amoureux est de toucher, de prendre, bientôt d'accaparer. Beaucoup s'imaginent que l'amour va mettre fin à leur solitude alors que c'est la solitude qui permet l'éclosion et la durée de l'amour.
Aimer quelqu'un, c'est honorer sa solitude et s'en émerveiller. En fait, il s'agit de choisir entre devenir un et demeurer unique. Entre l'union (amoureuse, conjugale) et la singularité (forcément solitaire).
L'amour que je ressens pour un être ne met pas fin à ma solitude mais il l'enrichit, l'enchante et la fait rayonner. L'élu, l'être aimé serait paradoxalement celui avec qui j'ai envie d'être seule.
Aimer quelqu'un, c'est honorer sa solitude et s'en émerveiller. En fait, il s'agit de choisir entre devenir un et demeurer unique.
Beaucoup s'imaginent que l'amour va mettre fin à leur solitude alors que c'est la solitude qui permet l'éclosion et la durée de l'amour.
La solitude apprend à aimer. Ce n'est pas l'amour qui brise la solitude, c'est la solitude qui permet l'éclosion et la durée de l'amour. Un amour qui ne soit pas possession de l'autre ou appartenance de l'autre. Un amour qui respecte la solitude de l'autre.
La solitude est un cadeau royal que nous repoussons parce qu'en cet état nous nous découvrons infiniment libre et que la liberté est ce à quoi nous sommes le moins prêts.
J'en arrive à penser que la vie de couple est réservée aux êtres exceptionnels. L'erreur consiste à croire que ce genre de vie concerne tout le monde.
La solitude est d'abord une heureuse coïncidence avec soi-même.
La solitude n'a rien de triste, mais elle a la gravité de l'amour, de la beauté, des choses essentielles. Elle enjoint de vivre avec courage, lucidité et attention. Envisager chaque être comme une solitude, comme un monde à part , est le plus grand respect que nous lui puissions accorder.
Le véritable solitaire ne cherche ni à plaire ni à être réconforté. Sa grande force vient de ce qu'il n'est point troublé par les agissements et les opinions du monde.
Quand on vit seul, on ne donne pas prise, on ne se situe plus par rapport au général, mais par rapport à l'absolu.
Le besoin de reconnaissance apparaît bien comme le talon d'Achille de tout individu. Il explique que, pour se sentir compris ou acceptés, la plupart des hommes préfèrent renoncer à leur liberté, à leur singularité.
Il faut un courage constant, une passion tenue -comme on dit d'une note ou d'un pari - pour oser être soi, pour ne pas renier ses valeurs ni ses rêves.
Tout le mal vient du fait que les hommes, dans une très grande majorité, n'ont pas de vie intérieure, et pour cette raison désirent, convoitent, veulent la vie d'autrui.
La voix qui murmure dans la solitude : lève toi, mets-toi en route, va à la rencontre de ton être que tu ne connais pas, que tu préfères ignorer parce que cet état est plus tranquille.
Être seul, c'est être un étranger qui n'appartient à aucune religion, nation ou croyance, à aucun dogme