La solitude est d'abord une heureuse coïncidence avec soi-même.
❧
Beaucoup s'imaginent que l'amour va mettre fin à leur solitude alors que c'est la solitude qui permet l'éclosion et la durée de l'amour.
◆
À lire aussi de Jacqueline Kelen
La solitude est un cadeau royal que nous repoussons parce qu'en cet état nous nous découvrons infiniment libre et que la liberté est ce à quoi nous sommes le moins prêts.
Les plus belles fleurs flétrissent, hélas, et les oiseaux meurent. Ce qui reste intact, ce sont les floraisons et les envols. Les chants aussi. Nulle retombée, à peine de traces. Le pur jaillissement du coeur.
Le besoin de reconnaissance apparaît bien comme le talon d'Achille de tout individu. Il explique que, pour se sentir compris ou acceptés, la plupart des hommes préfèrent renoncer à leur liberté, à leur singularité.
Il faut un courage constant, une passion tenue -comme on dit d'une note ou d'un pari - pour oser être soi, pour ne pas renier ses valeurs ni ses rêves.
Dans la même œuvre
La solitude est un détachement qui mène à un débordement. Si elle ne fructifie pas, elle n'est qu'isolement.
Le geste naturel au sentiment amoureux est de toucher, de prendre, bientôt d'accaparer. Beaucoup s'imaginent que l'amour va mettre fin à leur solitude alors que c'est la solitude qui permet l'éclosion et la durée de l'amour.
Aimer quelqu'un, c'est honorer sa solitude et s'en émerveiller. En fait, il s'agit de choisir entre devenir un et demeurer unique. Entre l'union (amoureuse, conjugale) et la singularité (forcément solitaire).
L'amour que je ressens pour un être ne met pas fin à ma solitude mais il l'enrichit, l'enchante et la fait rayonner. L'élu, l'être aimé serait paradoxalement celui avec qui j'ai envie d'être seule.
Aimer quelqu'un, c'est honorer sa solitude et s'en émerveiller. En fait, il s'agit de choisir entre devenir un et demeurer unique.