Œuvre

Interview à Midi Libre parue le 20 septembre 2018

En vérité, je suis né sur scène. J'ai commencé j'avais 15 ans. J'ai sorti mon premier disque en 1961, aussi je fais partie de cette génération qui se devait de faire de la scène. Par la suite, certains ont pu avoir du succès sans en faire mais nous, on nous a mis tout de suite devant un public. Cela fait donc partie de mes racines, peut-être même de mes gênes.
En vérité, je suis né sur scène. J'ai commencé j'avais 15 ans.
Le vrai rock'n'roll, j'en fais ce moment sur scène pour mon plaisir et celui du public, j'espère, mais pour dire la vérité, celui qui a bercé ma prime jeunesse, n'existe plus, il n'y en a plus.
J'appartiens à une génération qui était, entre guillemets, “rebelle sans raison”. Nous rêvions de nous éloigner de nos parents, mener notre vie en toute indépendance ; ce qui est un peu l'opposé d'aujourd'hui : maintenant beaucoup de jeunes restent chez leurs parents, ont peur d'affronter la vie, ou font tout ce qu'on attend d'eux… Nous, non. Il faut aussi dire qu'à l'époque le chômage n'existait quasiment pas, celui qui ne bossait pas était un fainéant.
J'ai eu pour ma part la chance énorme d'avoir rencontré des gens fabuleux, qui m'ont fait avancer, au contact desquels j'ai grandi. J'adore apprendre, moi. Comme je dis souvent, j'ai été aussi ravi de rencontrer Edith Piaf et Georges Brassens qu'Elvis Presley et les Beatles. J'en étais aussi fier, et cela m'a construit tout autant.
Piaf ne faisait rien de rock'n roll mais dans sa voix, dans sa façon d'être, elle était totalement rock !
Vous savez, ma vie est très compliquée : tous les dix ans, il y a une nouvelle génération qui me découvre, et se met à me suivre ; je suis donc obligé d'en tenir compte dans mes tours de chant.
Je n'ai jamais suivi les tendances. J'ai fait ma propre mode, enfin je pense. À certains moments la mode m'a rejoint, à d'autres elle m'a quitté… C'est le cycle de ma vie.