il n'y a plus de singularité. Jusqu'aux années 70, j'ai vécu un temps fantastique, révolutionnaire, Elvis, les Rolling Stones… La production aujourd'hui est devenue uniforme. Il y a cependant des exceptions, des artistes que j'apprécie particulièrement comme Julien Doré avec qui j'ai enregistré “Africa”.
❧
En vérité, je suis né sur scène. J'ai commencé j'avais 15 ans.
◆
À lire aussi de Dick Rivers
Piaf ne faisait rien de rock'n roll mais dans sa voix, dans sa façon d'être, elle était totalement rock !
Johnny m'avait dit : tu sais, on a tous voulu s'appeler Dick Rivers. Pour ce personnage du film Loving you… Il faut se rendre compte que c'était notre livre de chevet à l'époque, avec cette musique révolutionnaire. Mais le nom, bon, c'était un peu un hasard, je n'ai pas cherché pendant des heures. Ce qui nous plaisait, nous, c'était d'avoir un nom anglophone. Les « Chats Sauvages », comme les « Chaussettes noires » pour Eddy Mitchell, ça nous a été imposé. Mais on nous aurait demandé de prendre un coup de pied au cul on l'aurait fait, tellement on aimait cette musique.
Il ne faut jamais se prendre au sérieux, et toujours remettre le couvert. Chaque fois que je fais un nouveau disque, j'ai l'impression que c'est le premier.
J'ai toujours été avant-gardiste. En 1968, j'ai travaillé avec Gérard Manset, alors qu'il était « hors-la-loi ». J'ai aussi collaboré avec Alain Bashung, Benjamin Biolay, Joseph d'Anvers, etc. Ils m'apportent énormément. Je ne me complais pas avec des gens de ma génération.
Dans la même œuvre
En vérité, je suis né sur scène. J'ai commencé j'avais 15 ans. J'ai sorti mon premier disque en 1961, aussi je fais partie de cette génération qui se devait de faire de la scène. Par la suite, certains ont pu avoir du succès sans en faire mais nous, on nous a mis tout de suite devant un public. Cela fait donc partie de mes racines, peut-être même de mes gênes.
Le vrai rock'n'roll, j'en fais ce moment sur scène pour mon plaisir et celui du public, j'espère, mais pour dire la vérité, celui qui a bercé ma prime jeunesse, n'existe plus, il n'y en a plus.
J'appartiens à une génération qui était, entre guillemets, “rebelle sans raison”. Nous rêvions de nous éloigner de nos parents, mener notre vie en toute indépendance ; ce qui est un peu l'opposé d'aujourd'hui : maintenant beaucoup de jeunes restent chez leurs parents, ont peur d'affronter la vie, ou font tout ce qu'on attend d'eux… Nous, non. Il faut aussi dire qu'à l'époque le chômage n'existait quasiment pas, celui qui ne bossait pas était un fainéant.
J'ai eu pour ma part la chance énorme d'avoir rencontré des gens fabuleux, qui m'ont fait avancer, au contact desquels j'ai grandi. J'adore apprendre, moi. Comme je dis souvent, j'ai été aussi ravi de rencontrer Edith Piaf et Georges Brassens qu'Elvis Presley et les Beatles. J'en étais aussi fier, et cela m'a construit tout autant.
Piaf ne faisait rien de rock'n roll mais dans sa voix, dans sa façon d'être, elle était totalement rock !