Œuvre

Heureux les heureux (2013)

Je trouve assez minable cette façon silencieuse qu'ont les hommes de vous renvoyer dans le cours du temps. Comme s'il fallait nous rappeler, à toutes fins utiles, que l'existence est discontinue.
C'est merveilleux qu'on ait le rire. C'est comme un joker. Ca marche dans n'importe quel sens.
Les gens n'ont pas de vision de l'existence. Ils n'ont que des opinions.
J'ai toujours considéré qu'on ne pouvait pas déranger Dieu. On ne peut pas lui parler directement. Il n'a pas le temps de s'intéresser à des cas particuliers. Ou alors à des cas exceptionnellement graves.
Le couple, c'est la chose la plus impénétrable ; - On ne peut pas comprendre un couple, même quand on en fait partie.
Les hommes sont d'une fixité totale. C'est nous qui créons le mouvement. On s'épuise à animer l'amour.
Les femmes sont séduites par les hommes effroyables, parce que les hommes effroyables se présentent masqués comme au bal. Ils arrivent avec des mandolines et des costumes de fête.
Etre heureux, c'est une disposition. Tu ne peux pas être heureux en amour si tu n'as pas une disposition à être heureux.
Les poètes n'ont pas le sens du temps. Ces gens vous attirent dans des mélancolies inutiles.
Un des effets du dérèglement sentimental est que plus rien ne glisse. Tout devient signe, tout est matière à décryptage.
Les femmes ne prennent pas un amant. Elles s'entichent, elles se font un cinéma. Elles deviennent complètement folles.
Quand on a un homme dans sa vie, on s'interroge sur des choses idiotes, la tenue du rouge à lèvres, la forme du soutien-gorge, la couleur des cheveux. Ça occupe le temps. C'est gai.
Récemment, je l'ai entendu reprendre à son compte « Les astres inclinent mais ne prédestinent pas. » Mon père raffolait de la formule, je l'avais oublié, il y rajoutait de façon quasi menaçante le nom de Ptolémée.
Odile m'a dit, tu ne t'habilles pas maman, tu te couvres de textile.
Deux êtres vivent côte à côte et leur imagination les éloigne chaque jour de façon de plus définitive. Les femmes se construisent, à l’intérieur d’elles-mêmes, des palais enchantés. Vous y êtes momifié quelque part mais vous n’en savez rien.
Je voudrais que la vie avance et que tout soit effacé au fur et à mesure.
Se faire comprendre est une chose impossible. Particulièrement dans le cadre matrimonial où tout vire au tribunal criminel.
Les femmes sont séduites par les hommes effroyables, parce que les hommes effroyables se présentent masqués comme au bal. Ils arrivent avec des mandolines et des costumes de fête.
Quand on a un homme dans sa vie, on s’interroge sur des choses idiotes, la tenue du rouge à lèvres, la forme du soutien-gorge, la couleur des cheveux. Ça occupe le temps. C’est gai.
Finalement, je préfère les gens qui ne remarquent rien. On apprend à être seule. On s'organise très bien. On n'a pas à s'expliquer.
Nous vivons dans l'illusion de la répétition, comme le jour qui se lève et se couche. Nous nous levons et nous couchons, croyant répéter le même geste, mais c'est faux.
Je suis une femme qui n’aime pas les photos (je n’en prends jamais), qui n’aime aucune image, gaie ou triste, susceptible de réveiller une émotion. Les émotions sont effrayantes. Je voudrais que la vie avance et que tout soit effacé au fur et à mesure.
Être heureux, c’est une disposition. Tu ne peux pas être heureux en amour si tu n’as pas une disposition à être heureux.
Tu ne peux pas être heureux en amour si tu n’as pas une disposition à être heureux.
Quand on rencontre quelqu’un, on ne s’intéresse pas à son état civil. Ni à sa condition sentimentale. Les sentiments sont changeants et mortels. Comme toutes les choses sur terre. Les bêtes meurent. Les plantes. D’une année à l’autre, les cours d’eau ne sont pas les mêmes. Rien ne dure.