Œuvre

Celle que vous croyez (2016)

C’est mystérieux, le désir. On veut de l’autre quelque chose qu’on n’a pas ou qu’on n’a plus.
La sensualité dispense de mots.
Pour les gens comme moi qui ne tolèrent pas l’absence… Internet est à la fois le naufrage et le radeau : on se noie dans la traque, dans l’attente, on ne peut pas faire son deuil d’une histoire pourtant morte, et en même temps, on surnage dans le virtuel, on s’accroche aux présences factices qui indiquent que l’autre est en ligne.
Les fous et les amoureux appartiennent à la même espèce, d'ailleurs on dit amoureux fou.
On écrit pour garder la preuve, c'est tout. Les livres sont faits de ces souvenirs qui s'entassent comme les feuilles d'arbres deviennent la terre. Des pages d'humus.
L'amour est une élection, pas une sélection. Nous nous étions élus mutuellement.
J'ai lu que sur les sites de rencontres, la frontière entre quarante-neuf et cinquante ans est pour les femmes le gouffre où elles s'abîment. A quarante-neuf ans, elles sont en moyenne quarante visites par semaine, à cinquante ans elles n'en ont plus que trois. Et pourtant, rien n'a changé, elles sont les mêmes, avec un an de plus.
Je m'étais toujours pliée aux désirs, aux goûts de l'autre, alors soudain je me suis dit : c'est ça l'amour. C'est quelqu'un qui accepte de me partager avec moi.
Le dîner a été bizarre, hésitant entre le vieux couple mutique et la première rencontre Meetic.
Il ne sert à rien d'être jeune sans être belle ni d'être belle sans être jeune. Les hommes mûrissent les femmes vieillissent.
On est touriste, en amour, on cherche l'autre et l'ailleurs, et on les trouve d'abord dans la langue.
L'amour, est-ce que ce n'est pas s'aliéner à quelqu'un, tomber en l'autre, ne plus s'appartenir ?
Enseignante. En saignant aussi, quelquefois.
La beauté ça fait souffrir quand personne ne songe à vous l'offrir.
Je voudrais tellement être un homme, parfois. Ça me reposerait.
Accepter de ne pas pouvoir, ce doit être ça, le bonheur.
L'amour, c'est quoi sans le désir ?
J'entrepris de mettre en scène notre future rencontre. Il fallait que ce soit naturel, comme si le hasard se chargeait de devenir un destin.
Nous flirtions depuis des mois sur Facebook, c'est ma mère qui emploie ce mot, je trouve qu'il convient, au Moyen Age on disait fleureter, conter fleurette.
En Afrique, je ne sais plus dans quel pays, au Rwanda, je crois, pour dire bonjour on dit « je te vois ». C’est magnifique ! Nous, on like sur Facebook, on compte les pouces levés sous nos photos de profil, mais le sens est le même.
Pour vous autres, hommes, les défaites ne sont que des succès en moins. Dans cette partie si inégale, notre fortune est de ne pas perdre, et votre malheur de ne pas gagner.
« La femme est l'avenir de l'homme » , tu parles! Non mais la blague… Ou alors, au pluriel, les femmes. Comme les bornes sur le parcours.
Son présent est une projection perpétuelle vers un lendemain qui chante.