C'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir.
C'est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elles.
Chacun de nous a un jour, plus ou moins triste, plus ou moins lointain, où il doit accepter d'être un homme.
Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre.
Rien n'est vrai que ce qu'on ne dit pas...
C'est beau un jardin qui ne pense pas encore aux hommes.
C'est plein de disputes un bonheur.
C'est laid un homme qui a peur.
(La vie) est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-là.
... la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison.
... Antigone était faite pour être morte.
Regarde-moi, c'est cela devenir un homme, voir le visage de son père en face, un jour.
Il faudrait ne jamais devenir grand.
Dans le drame, on se débat parce qu'on espère en sortir.
Une bonne femme parlant toujours de son jardin, de ses confitures, de ses tricots, de ses éternels tricots pour les pauvres. C'est drôle comme les pauvres ont éternellement besoin de tricots. On dirait qu'ils n'ont besoin que de tricots.
Ah ! vos têtes, vos pauvres têtes de candidats au bonheur ! C'est vous qui êtes laids, même les plus beaux.
La vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison.
Comprendre ! toujours comprendre. Moi je ne veux pas comprendre je comprendrai quand je serai vieille. Si je deviens vieille !
Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien.
Je le comprends seulement maintenant combien c'était simple de vivre...
Le jardin dormait encore. Je l'ai surpris, nourrice. Je l'ai vu sans qu'il s'en doute. C'est beau un jardin qui ne pense pas encore aux hommes.
Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...
Je vous parle de trop loin maintenant, d'un royaume où vous ne pouvez plus entrer avec vos rides, votre sagesse, votre ventre.
L'orgueil d'Oedipe. Tu es l'orgueil d'Oedipe. Oui, maintenant que je l'ai retrouvé au fond de tes yeux, je te crois. Tu as du pensée que je te ferais mourir. Et cela te paraissait une dénouement tout naturel pour toi, orgueilleuse !
Tu vas me mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur.