La télévision, contrairement à ce qu'elle dit d'elle-même, ne donne aucune nouvelle du monde. La télévision c'est le monde qui s'effondre sur le monde, une brute geignarde et avinée, incapable de donner une seule nouvelle claire, compréhensible.
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Quand on joue de la musique, on lève le camp, on replie sa tente et on s'éloigne dans le chant faible, délivré de la corvée de dire et de taire. On s'éloigne comme un jeune homme s'éloigne sans savoir vers quoi, car sinon ce ne serait pas s'éloigner.
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À lire aussi de Christian Bobin
Cette frontière-là, entre les lecteurs et les autres, est plus fermée encore que celle de l'argent. Celui qui est sans argent manque de tout. Celui qui est sans lecture manque du manque.
Ce qui croit commencer ne fait que poursuivre.
Le coeur des morts est une boîte à musique. A peine commence-t-on à penser à eux qu'il en sort un air léger et déchirant.
La bonté, c'est comme trouver un diamant dans de la verroterie : c'est incompréhensible. C'est impossible de savoir d'où elle vient, elle tombe du ciel et c'est cela qui est mystérieux.
Dans la même œuvre
Je vois le vide qu'il y a entre les hommes, plus grand que celui qui sépare une étoile d'une autre étoile. Chacun travaille, travaille, travaille à son sombre intérêt et ceux qui n'y travaillent pas sont broyés.
Ecrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir.
Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l'éternel que nous ne savons plus.
Les fleurs sont les premières gouttes de pluie de l'éternel.
La vraie lumière ne vient que par illuminations, explosions intérieures, non décidables.