Partout où elle passe la liberté de Louis éclabousse les autres. C'est un sauvage, il joue au rythme des oiseaux et des fleuves, rien ne l'arrête, il n'a jamais peur de rien.
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Quand la pensée humaine est tortueuse, labyrinthique, détournée, quand les mots expriment toujours le contraire de ce que l’on pense, le sens et l’effet de la formule du code informatique sont parfaitement identiques.
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Le gouvernement et les entreprises françaises découvrent par ailleurs avec bonheur que la transition écologique réclamée partout est surtout une merveilleuse manière de faire du blé. Les opportunités sont infinies : voitures électriques, biomasse, carburants neutres, industries vertes, tourisme vert, tous les secteurs doivent se racheter une éthique, des pratiques, et c'est une fabuleuse occasion de créer des emplois, de relancer l'économie et un système à bout de souffle.
Brusquement tout se tient, obéissant à une logique simple et confondante : la loi du capital était naturellement, comme l’écrivait Marx, à la destruction de la valeur d’origine, à savoir, dans ce cas, la Terre et le vivant.
Personne n’a eu l’idée d’Internet. Nous avons été des centaines à pressentir la chose dans un intervalle de cinq ou dix ans, et cette conjonction a pu donner naissance au réseau.
On grandit seuil, on s’établit comme une roche, on flotte aux bouillons du large, loin de la pierre d’accroche. On peut tenir la vie comme ça. On peut aussi choisir son rivage et décider d’accoster.
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Personne n’a eu l’idée d’Internet. Nous avons été des centaines à pressentir la chose dans un intervalle de cinq ou dix ans, et cette conjonction a pu donner naissance au réseau.
Internet est à présent une poubelle, une succession d’usages parfaitement débiles, un enfermement des sens.
Il faudrait pour rester jeune régénérer absolument tout : la peau, les muscles, les organes, les nerfs, les yeux, le cœur, les poumons, le cerveau. Autant mourir, non ?
Le fondement même de Google est de pouvoir, un jour, se passer d’ordinateurs et de connecter directement le cerveau à Internet.
Internet est autre chose qu’un réseau. Ce sont des ordinateurs reliés entre eux qui sont tous sur le même plan et qui peuvent tous créer de l’information, du contenu, sans qu’aucun ne soit au-dessus des autres. C’est l’apogée de la démocratie, avec les horreurs possibles que cela comporte : un con a autant de poids et d’importance qu’un vieux sage. C’est horrible, indécent, mais c’est ainsi.