Internet est autre chose qu’un réseau. Ce sont des ordinateurs reliés entre eux qui sont tous sur le même plan et qui peuvent tous créer de l’information, du contenu, sans qu’aucun ne soit au-dessus des autres. C’est l’apogée de la démocratie, avec les horreurs possibles que cela comporte : un con a autant de poids et d’importance qu’un vieux sage. C’est horrible, indécent, mais c’est ainsi.

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Toujours, dans la vie, même dans les longues périodes d'euphorie où l'on danse plus qu'on ne marche, on trouve de ces petits temps de flottement, d'ennui léger, qui équilibrent la balance et font la joie à venir plus grande.
Brusquement tout se tient, obéissant à une logique simple et confondante : la loi du capital était naturellement, comme l’écrivait Marx, à la destruction de la valeur d’origine, à savoir, dans ce cas, la Terre et le vivant.
Le pire legs que nous laissent nos parents, c’est celui-là : on a bien profité de la vie, à vous de la sauver maintenant.
Personne n’a eu l’idée d’Internet. Nous avons été des centaines à pressentir la chose dans un intervalle de cinq ou dix ans, et cette conjonction a pu donner naissance au réseau.
Facebook ne partage rien de ses secrets, Google (dont la devise Don't be evil n'est bien sûr là que pour dissimuler son antiphrase) sait tout sur ses usagers qui ne savent rien sur lui, Apple vend des téléphones entièrement refermés sur leur technologie à des prix démentiels, irréparables objets du bonheur. Ce sont des entreprises comme les autres, à savoir des machines à cash, avec un zeste supplémentaire qui fait leur succès : un discours messianique qui promet à l'humanité le passage à un stade supérieur.
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Personne n’a eu l’idée d’Internet. Nous avons été des centaines à pressentir la chose dans un intervalle de cinq ou dix ans, et cette conjonction a pu donner naissance au réseau.
Quand la pensée humaine est tortueuse, labyrinthique, détournée, quand les mots expriment toujours le contraire de ce que l’on pense, le sens et l’effet de la formule du code informatique sont parfaitement identiques.
Internet est à présent une poubelle, une succession d’usages parfaitement débiles, un enfermement des sens.
Il faudrait pour rester jeune régénérer absolument tout : la peau, les muscles, les organes, les nerfs, les yeux, le cœur, les poumons, le cerveau. Autant mourir, non ?
Le fondement même de Google est de pouvoir, un jour, se passer d’ordinateurs et de connecter directement le cerveau à Internet.