Le fondement même de Google est de pouvoir, un jour, se passer d’ordinateurs et de connecter directement le cerveau à Internet.

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Personne n’a eu l’idée d’Internet. Nous avons été des centaines à pressentir la chose dans un intervalle de cinq ou dix ans, et cette conjonction a pu donner naissance au réseau.
Tout ce pourquoi j’ai lutté, cette communauté libre où la pensée se construirait collectivement, où tout serait accessible mais où l’intime demeurerait hors d’atteinte, tout cela est mort. Ce qui a gagné, c’est le bleu pâle de Facebook : un déroulé débectant de dégueulis personnel, de chats faisant du skate, d’opinions imbéciles sur tout et n’importe quoi.
Le pire legs que nous laissent nos parents, c’est celui-là : on a bien profité de la vie, à vous de la sauver maintenant.
Personne n'aime les adieux, la petite aiguille qui taquine le diaphragme, on ne se reverra pas.
Internet est autre chose qu’un réseau. Ce sont des ordinateurs reliés entre eux qui sont tous sur le même plan et qui peuvent tous créer de l’information, du contenu, sans qu’aucun ne soit au-dessus des autres. C’est l’apogée de la démocratie, avec les horreurs possibles que cela comporte : un con a autant de poids et d’importance qu’un vieux sage. C’est horrible, indécent, mais c’est ainsi.
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Personne n’a eu l’idée d’Internet. Nous avons été des centaines à pressentir la chose dans un intervalle de cinq ou dix ans, et cette conjonction a pu donner naissance au réseau.
Quand la pensée humaine est tortueuse, labyrinthique, détournée, quand les mots expriment toujours le contraire de ce que l’on pense, le sens et l’effet de la formule du code informatique sont parfaitement identiques.
Internet est à présent une poubelle, une succession d’usages parfaitement débiles, un enfermement des sens.
Il faudrait pour rester jeune régénérer absolument tout : la peau, les muscles, les organes, les nerfs, les yeux, le cœur, les poumons, le cerveau. Autant mourir, non ?
Internet est autre chose qu’un réseau. Ce sont des ordinateurs reliés entre eux qui sont tous sur le même plan et qui peuvent tous créer de l’information, du contenu, sans qu’aucun ne soit au-dessus des autres. C’est l’apogée de la démocratie, avec les horreurs possibles que cela comporte : un con a autant de poids et d’importance qu’un vieux sage. C’est horrible, indécent, mais c’est ainsi.