Tout ce qui se trouve devant nous est né du pétrole. Villes, voitures, avions, industrie, services, armée, luxe et nécessité. Il nous en faut toujours plus. C’est si bon. On sait bien que ça nous flingue mais que voulez-vous – le retour à la bougie, c’est ça ? Le monde moderne est à ce prix. Alors on épuise les sols, on accélère la fin.
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Partout où elle passe la liberté de Louis éclabousse les autres. C'est un sauvage, il joue au rythme des oiseaux et des fleuves, rien ne l'arrête, il n'a jamais peur de rien.
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Le temps n'est plus oppressant, il accompagne les gestes. Il enlève bien, parfois, les amis chers et les amours, mais il le fait avec douceur, comme on ôte une chaussure. On ne peut, dès lors, lui en vouloir. Il est devenu un compagnon de route, taiseux, rassurant.
La rencontre du capitalisme et du pétrole est explosive. C’est un amour fou, immédiat, la rencontre du glaive et du soufre, la réunion des deux affluents d’un fleuve torrentiel.
On pousse Louis dans un fourgon. Le moteur démarre. La ville et son enfance disparaissent par la fenêtre.
Personne n'aime les adieux, la petite aiguille qui taquine le diaphragme, on ne se reverra pas.
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On pousse Louis dans un fourgon. Le moteur démarre. La ville et son enfance disparaissent par la fenêtre.