Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d'éléphants et d'anges, mais n'omets pas de leur parler d'amour et de choses semblables.

À lire aussi de Mathias Enard

C'était étrange de penser qu'au fond toutes nos religions étaient des récits : des fables auxquelles certains souscrivaient et d'autres non, un immense livre d'histoires, où chacun pouvait prendre ce qui lui convenait.
Le sommeil est un monstre d'égoïsme qui n'en fait qu'à sa tête.
Heureusement que je ne me rappelle pas mes rêves à part les dernières secondes, ils s'effacent presque immédiatement de ma mémoire, heureusement. J'échappe à la culpabilité de l'inconscient, à la sauvagerie du désir.
Sans l'Orient (ce songe en arabe, en persan et en turc, apatride, qu'on appelle l'Orient) pas de Proust, pas de Recherche du temps perdu.
L'amour ne nous laisse pas plus partager les souffrances d'autrui qu'il ne guérit les nôtres.
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Dans la même œuvre

La beauté vient de l'abandon du refuge des formes anciennes pour l'incertitude du présent.
Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l'amour au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples.
Ton ivresse m'est si douce qu'elle me grise.
La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l'aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants.
Apparaître, poindre, briller. Consteller, scintiller, s'éteindre.