Ton ivresse m'est si douce qu'elle me grise.

À lire aussi de Mathias Enard

Nous sommes deux fumeurs d'opium chacun dans son nuage, sans rien voir au-dehors, seuls, sans nous comprendre jamais nous fumons, visages agonisants dans un miroir, nous sommes une image glacée à laquelle le temps donne l'illusion du mouvement, un cristal de neige glissant sur une pelote de givre dont personne ne perçoit la complexité des enchevêtrements
L'être est toujours dans cette distance, quelque part entre un soi insondable et l'autre en soi. Dans la sensation du temps. Dans l'amour, qui est l'impossibilité de la fusion entre soi et l'autre.
Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d'éléphants et d'anges, mais n'omets pas de leur parler d'amour et de choses semblables.
Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l'amour au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples.
Nos rêves sont peut-être plus savants que nous.
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Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d'éléphants et d'anges, mais n'omets pas de leur parler d'amour et de choses semblables.
La beauté vient de l'abandon du refuge des formes anciennes pour l'incertitude du présent.
Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l'amour au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples.
La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l'aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants.
Apparaître, poindre, briller. Consteller, scintiller, s'éteindre.