Nous sommes deux fumeurs d'opium chacun dans son nuage, sans rien voir au-dehors, seuls, sans nous comprendre jamais nous fumons, visages agonisants dans un miroir, nous sommes une image glacée à laquelle le temps donne l'illusion du mouvement, un cristal de neige glissant sur une pelote de givre dont personne ne perçoit la complexité des enchevêtrements

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C'est chose étrange que la mémoire; je suis incapable de retrouver son visage d'hier, son corps d'hier, ils s'effacent pour laisser la place à ceux d'aujourd'hui, dans le décor du passé
Combien faudra-t-il d'oeuvres d'art pour mettre la beauté dans le monde ?
L'humilité de la vie nomade est une des images les plus fortes de l'Islam, le grand renoncement, le dépouillement des oripeaux mondains dans la nudité du désert - c'est cette pureté, cette solitude qui m'attirait moi aussi.
Voilà, je n'ai plus sommeil. Le sommeil n'a jamais vraiment envie de moi, il m'abandonne très vite, aux alentours de minuit, après m'avoir harcelé toute la soirée. Le sommeil est un monstre d'égoïsme qui n'en fait qu'à sa tête.
Sans l'Orient (ce songe en arabe, en persan et en turc, apatride, qu'on appelle l'Orient) pas de Proust, pas de Recherche du temps perdu.
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Dans la même œuvre

L'être est toujours dans cette distance, quelque part entre un soi insondable et l'autre en soi. Dans la sensation du temps. Dans l'amour, qui est l'impossibilité de la fusion entre soi et l'autre.
La musique est un beau refuge contre l'imperfection du monde et la déchéance du corps.
La vie est une symphonie de Mahler, elle ne revient jamais en arrière, ne retombe jamais sur ses pieds.
Nos rêves sont peut-être plus savants que nous.
Nous écoutions à l'unisson, aussi synchrones dans les battements de nos coeurs et nos respirations que si nous avions chanté nous-mêmes, touchés, emportés par le miracle de la voix humaine, la communication profonde, l'humanité partagée, dans ces rares instants où, comme dit Khayyam, on boit l'éternité.