La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l'aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants.
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Sans l'Orient (ce songe en arabe, en persan et en turc, apatride, qu'on appelle l'Orient) pas de Proust, pas de Recherche du temps perdu.
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À lire aussi de Mathias Enard
La vie est une symphonie de Mahler, elle ne revient jamais en arrière, ne retombe jamais sur ses pieds.
Quand on peut voyager, disait le Prophète, il faut régler ses affaires comme si on allait mourir.
Pauvre Stendhal, il ne savait pas ce qu'il faisait en publiant ses Mémoires d'un touriste, il inventait bien plus qu'un mot, « grâce au ciel, disait-il, le présent voyage n'a aucune prétention à la statistique et à la science », sans se rendre compte qu'il poussait des générations de voyageurs vers la futilité, avec l'aide du ciel, qui plus est.
La beauté vient de l'abandon du refuge des formes anciennes pour l'incertitude du présent.
Dans la même œuvre
L'être est toujours dans cette distance, quelque part entre un soi insondable et l'autre en soi. Dans la sensation du temps. Dans l'amour, qui est l'impossibilité de la fusion entre soi et l'autre.
La musique est un beau refuge contre l'imperfection du monde et la déchéance du corps.
La vie est une symphonie de Mahler, elle ne revient jamais en arrière, ne retombe jamais sur ses pieds.
Nos rêves sont peut-être plus savants que nous.
Nous sommes deux fumeurs d'opium chacun dans son nuage, sans rien voir au-dehors, seuls, sans nous comprendre jamais nous fumons, visages agonisants dans un miroir, nous sommes une image glacée à laquelle le temps donne l'illusion du mouvement, un cristal de neige glissant sur une pelote de givre dont personne ne perçoit la complexité des enchevêtrements