Heureusement que je ne me rappelle pas mes rêves à part les dernières secondes, ils s'effacent presque immédiatement de ma mémoire, heureusement. J'échappe à la culpabilité de l'inconscient, à la sauvagerie du désir.

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Nous écoutions à l'unisson, aussi synchrones dans les battements de nos coeurs et nos respirations que si nous avions chanté nous-mêmes, touchés, emportés par le miracle de la voix humaine, la communication profonde, l'humanité partagée, dans ces rares instants où, comme dit Khayyam, on boit l'éternité.
L'humilité de la vie nomade est une des images les plus fortes de l'Islam, le grand renoncement, le dépouillement des oripeaux mondains dans la nudité du désert - c'est cette pureté, cette solitude qui m'attirait moi aussi.
La vie est une machine à arracher l'être; elle nous dépouille, depuis l'enfance, pour nous repeupler en nous plongeant dans un bain de contacts, de voix, de messages qui nous modifient à l'infini, nous sommes en mouvement.
La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l'aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants.
La vie est une symphonie de Mahler, elle ne revient jamais en arrière, ne retombe jamais sur ses pieds.
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L'être est toujours dans cette distance, quelque part entre un soi insondable et l'autre en soi. Dans la sensation du temps. Dans l'amour, qui est l'impossibilité de la fusion entre soi et l'autre.
La musique est un beau refuge contre l'imperfection du monde et la déchéance du corps.
La vie est une symphonie de Mahler, elle ne revient jamais en arrière, ne retombe jamais sur ses pieds.
Nos rêves sont peut-être plus savants que nous.
Nous sommes deux fumeurs d'opium chacun dans son nuage, sans rien voir au-dehors, seuls, sans nous comprendre jamais nous fumons, visages agonisants dans un miroir, nous sommes une image glacée à laquelle le temps donne l'illusion du mouvement, un cristal de neige glissant sur une pelote de givre dont personne ne perçoit la complexité des enchevêtrements