Pour être aimée, elle est devenue ce que l'on attendait qu'elle fût. Elle s'est conformée aux désirs des autres en reniant les siens. En chemin, elle s'est perdue.

À lire aussi de Laetitia Colombani

L'envie d'y croire. De penser que la vie est devant, toujours devant. Qu'il suffit d'un stylo pour tout changer. D'un peu de poésie pour se réinventer.
Elle n'oublie qu'une chose, pourtant apprise durant ses années de métiers : lorsqu'on nage parmi les requins, mieux vaut ne pas saigner.
Ce n’est pas elle qui est malade, c’est la société tout entière qu’il faudrait soigner. Les faibles qu’elle devrait protéger, accompagner, elle leur tourne le dos, comme ces vieux éléphants que le troupeau laisse derrière lui, les condamnant à une mort solitaire.
Aborder la jeune sans-abri, cela veut dire créer un lien, ouvrir la voie vers l'empathie. Engager la discussion, c'est reconnaître l'autre dans son humanité. Difficile ensuite de le contourner, de continuer à l'ignorer.
Elle reste parfois des nuits entières, les yeux grands ouverts. Les hommes ne sont pas égaux devant le sommeil, pense-t-elle. Les hommes ne sont égaux devant rien.
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Dans la même œuvre

Les mots sont des papillons, fragiles et volatils. Il faut le bon filet pour les attraper.
L'estime de soi, c'est ce qu'il y a de plus difficile à regagner.
Ne plus penser, se noyer dans la vie des autres comme elle se noyait, jadis, dans les dossiers. C'est un pis-aller, elle le sait, mais elle n'a rien d'autre à quoi se raccrocher.
Tous les deux ou trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint, dans ce pays qu'on dit civilisé. Jusqu'à quand ? Dans la nature, aucune autre espèce ne se livre à ce jeu de massacre. La maltraitance des femelles n'existe pas. Pourquoi chez les humains, ce besoin de détruire, de briser ?
Le bonheur des autres est cruel. Il vous tend un miroir sans pitié.