Elle n'oublie qu'une chose, pourtant apprise durant ses années de métiers : lorsqu'on nage parmi les requins, mieux vaut ne pas saigner.

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Les mots sont des papillons, fragiles et volatils. Il faut le bon filet pour les attraper.
Pour être aimée, elle est devenue ce que l'on attendait qu'elle fût. Elle s'est conformée aux désirs des autres en reniant les siens. En chemin, elle s'est perdue.
La fuite dans le sommeil, elle l'a perdue depuis longtemps. Ses nuits ne lui offrent plus rien qu'un abîme sans fond, des rêves aussi noirs que la fange qu'elle nettoie.
Le voilà, le vrai visage de la précarité. Il n'est ni dans le journal, ni sur un écran de télévision mais se tient là, en face d'elle, tout près. Il ressemble à deux euros dans un porte-monnaie.
Un père, ça ne meurt pas, un père c'est éternel, c'est un roc, un pilier, surtout le sien.
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Au médecin, elle ne demande pas ses chances, elle refuse de réduire son avenir à une statistique. Certains veulent savoir, elle pas. Elle ne laissera pas les chiffres s'immiscer en elle, dans sa conscience, dans son imaginaire, ils seraient capables de proliférer, comme la tumeur elle-même, de saper son moral, sa confiance, sa guérison.
Sa révolte est silencieuse, inaudible, presque invisible. Mais elle est là.
Ablation, un mot qui rime avec punition, agression, mutilation, amputation, démolition. Guérison, aussi, peut-être.
Un père, ça ne meurt pas, un père c'est éternel, c'est un roc, un pilier, surtout le sien.
Elle reste parfois des nuits entières, les yeux grands ouverts. Les hommes ne sont pas égaux devant le sommeil, pense-t-elle. Les hommes ne sont égaux devant rien.