Notre seule façon d'échapper au nihilisme, c'est de donner un sens au monde.
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Penser l'image sans le texte n'a pour moi aucun sens. Ça ne m'intéresse pas. Tout mon dessin est un dessin d'écriture.
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J'ai beaucoup aimé être orphelin. Cela m'a mis très tôt face au monde. Au moment où les autres connards attendaient encore que Dieu leur serve de petites roues au vélo, je tenais debout correctement, comme un adulte bizarre, de trois ans et demi.
Cette volonté que nous avons d'accomplir des belles choses, de s'aimer, de créer des œuvres, c'est la conscience de notre mort qui la rend possible.
A l'instar de la momie de Toutankhamon qui a clairsemé les rangs des archéologues depuis un siècle, il existe un vampire qui décime les éditeurs de fiction et j'ai le regret de vous avouer qu'il s'agit de moi.
Il n'y a rien de plus facile que de faire un livre intelligent pour les gens intelligents. En revanche, essayer de faire un texte intelligent qui s'adresse à tous, voilà le vrai défi !
Dans la même œuvre
Je crois beaucoup plus aux vertus du rire qu'à celles du militantisme.
La littérature n'a aucun sens si elle ne s'adresse pas à un lecteur universel. Pourquoi les livres qu'on écrit n'atteignent -ils qu'un nombre restreint de quartiers français ? Pourquoi les lecteurs qui se rendent aux salons du livre ont-ils toujours le même profil (plutôt âgé et plutôt blanc) ?
Je tiens pour inepte toute tentative de valorisation d'une culture d'origine. Il faut toujours postuler l'universalité du lecteur.
Les jeux de rôle constituent un excellent apprentissage pour le récit romanesque, parce qu'ils matérialisent la confusion entre l'auteur et le lecteur. On pourrait dire que toute relation entre l'auteur et le lecteur reproduit l'esprit du jeu de rôle. Le but est de faire croire au lecteur à sa participation dans le récit. Et l'idée de comparer l'écriture et la lecture à un jeu me parle beaucoup. Fait-on autre chose que jouer quand on lit et quand on écrit ?
Lire un livre, c'est être disposé à changer d'avis.