Les jeux de rôle constituent un excellent apprentissage pour le récit romanesque, parce qu'ils matérialisent la confusion entre l'auteur et le lecteur. On pourrait dire que toute relation entre l'auteur et le lecteur reproduit l'esprit du jeu de rôle. Le but est de faire croire au lecteur à sa participation dans le récit. Et l'idée de comparer l'écriture et la lecture à un jeu me parle beaucoup. Fait-on autre chose que jouer quand on lit et quand on écrit ?

À lire aussi de Joann Sfar

L'enfance ne désigne pas un âge précis, mais une période formatrice de la vie. On peut décider qu'à 40 ou 50 ans un ouvrage déterminant va nous changer complètement. Lire un livre, c'est être disposé à changer d'avis. C'est pourquoi je soutiens que la catégorie de "littérature enfantine" n'a aucun sens. Il n'y a que des bons et des mauvais romans. Avec peut-être une différence : un enfant décroche de la lecture très facilement. Il faut donc lui proposer un roman qui ne lui donne aucune occasion de fermer son livre.
Je tiens pour inepte toute tentative de valorisation d'une culture d'origine. Il faut toujours postuler l'universalité du lecteur.
Sur les tombes juives, on interdit de faire figurer des photographies afin que la mémoire ne se fixe pas sur un moment de l'existence du défunt. Il faut beaucoup d'imagination pour remonter le temps et laisser derrière soi les images de l'agonie ou de la vieillesse.
Pour mériter l'amour, il fallait se montrer capable de créer.
Lire un livre, c'est être disposé à changer d'avis.
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Dans la même œuvre

Je crois beaucoup plus aux vertus du rire qu'à celles du militantisme.
La littérature n'a aucun sens si elle ne s'adresse pas à un lecteur universel. Pourquoi les livres qu'on écrit n'atteignent -ils qu'un nombre restreint de quartiers français ? Pourquoi les lecteurs qui se rendent aux salons du livre ont-ils toujours le même profil (plutôt âgé et plutôt blanc) ?
Je tiens pour inepte toute tentative de valorisation d'une culture d'origine. Il faut toujours postuler l'universalité du lecteur.
Lire un livre, c'est être disposé à changer d'avis.
Le problème, ce ne sont pas les mythes, c'est la pauvreté des mythes dont on se nourrit.