Notre seule façon d'échapper au nihilisme, c'est de donner un sens au monde.

À lire aussi de Joann Sfar

Pour mériter l'amour, il fallait se montrer capable de créer.
La catastrophe est déjà là, dans la haine et le manque de dialogues aimants. Il faut parler à chacun. Et raconter des histoires qui donnent envie du monde.
Il se force à ne pas me sauter dessus. Il essaie de se convaincre que je ne suis pas son dîner, ou qu'il n'a pas faim. Combien de temps ça reste efficace, chez un vampire, le surmoi ?
Penser l'image sans le texte n'a pour moi aucun sens. Ça ne m'intéresse pas. Tout mon dessin est un dessin d'écriture.
Cette volonté que nous avons d'accomplir des belles choses, de s'aimer, de créer des œuvres, c'est la conscience de notre mort qui la rend possible.
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Dans la même œuvre

Je crois beaucoup plus aux vertus du rire qu'à celles du militantisme.
La littérature n'a aucun sens si elle ne s'adresse pas à un lecteur universel. Pourquoi les livres qu'on écrit n'atteignent -ils qu'un nombre restreint de quartiers français ? Pourquoi les lecteurs qui se rendent aux salons du livre ont-ils toujours le même profil (plutôt âgé et plutôt blanc) ?
Je tiens pour inepte toute tentative de valorisation d'une culture d'origine. Il faut toujours postuler l'universalité du lecteur.
Les jeux de rôle constituent un excellent apprentissage pour le récit romanesque, parce qu'ils matérialisent la confusion entre l'auteur et le lecteur. On pourrait dire que toute relation entre l'auteur et le lecteur reproduit l'esprit du jeu de rôle. Le but est de faire croire au lecteur à sa participation dans le récit. Et l'idée de comparer l'écriture et la lecture à un jeu me parle beaucoup. Fait-on autre chose que jouer quand on lit et quand on écrit ?
Lire un livre, c'est être disposé à changer d'avis.