On ne se passera jamais du roman, pour cette raison que la vérité fera toujours peur, et que le mensonge romanesque est le seul moyen de tourner l'épouvante des ignorantins dans le domaine propre au romancier.

À lire aussi de Louis Aragon

Le matériel roulant peut n'être plus le même - Les vêtements venir d'un autre costumier - Le peuple c'est toujours le wagon de troisièmes - Qui s'en va cahotant tel que l'a vu Daumier.
Qui n'a pas vu le jour se lever sur la Seine - \r\nIgnore ce que c'est que ce déchirement - \r\nQuand prise sur le fait la nuit qui se dément - \r\nSe défend se défait les yeux rouges obscène - \r\nEt Notre-Dame sort des eaux comme un aimant.\r\n\r\n
Comme on laisse à l'enfant pour qu'il reste tranquille - \r\nDes objets sans valeur traînant sur le parquet - \r\nPeut-être devinant quel alcool me manquait - \r\nLe hasard m'a jeté des photos de ma ville - \r\nLes arbres de Paris ses boulevards ses quais
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu. - O paradis cent fois retrouvé reperdu. - Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes.
L'avenir c'est ce qui dépasse la main tendue.
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Le roman, c'est la clef des chambres interdites de notre maison. Les prophètes qui annoncent un monde sans romans pour demain ou après-demain imaginent-ils ce que cela serait, un monde sans romans ? Je les en défie bien.
Fixer la pensée avec des mots m'est naturel comme respirer. Si je ne le fais pas, je meurs, j'asphyxie. S'en satisfaire est autre chose. Je ne m'en satisfaisais pas.
Ce qui est menti dans le roman est l'ombre sans quoi vous ne verriez pas la lumière.
Ce qui est menti dans le roman sert de substratum à la vérité.