Œuvre
Les Yeux d'Elsa (1942)
Je vais te dire un grand secret - Le temps c'est toi - Le temps est femme il a - Besoin qu'on le courtise et qu'on s'asseye - A ses pieds le temps comme une robe à défaire - Le temps comme une chevelure sans fin - Peignée.
L'enfant accaparé par les belles images - Equarquille les siens moins démesurément - Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens - On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages.
Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa - Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent - Moi je voyais briller au-dessus de la mer - Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa.
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu. - O paradis cent fois retrouvé reperdu. - Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes.
Qui peut dire où la mémoire commence - Qui peut dire où le temps présent finit - Où le passé rejoindra la romance - Où le malheur n'est qu'un papier jauni.
L'enfant accaparé par les belles images - Equarquille les siens moins démesurément - Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens - On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages.
Pour qui chanter vraiment en vaudrait-il la peine - Si ce n'est pas pour ceux dont tu rêves souvent - Et dont le souvenir est comme un bruit de chaînes - La nuit s'éveillant dans tes veines - Et qui parle à ton coeur comme au voilier le vent.