Quand je vis, la vie me manque. Je la vois passer à ma fenêtre, elle tourne vers moi sa tête mais je n'entends pas ce qu'elle dit, elle passe trop vite. J'écris pour l'entendre.
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On ne peut bien voir que dans l'absence. On ne peut bien dire que dans le manque.
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À lire aussi de Christian Bobin
Croire c'est donner son coeur. Ce Dieu des heures simples a pris le coeur de l'enfant au berceau. Il en joue à son gré. C'est une chose difficile à comprendre, au vingtième siècle comme au treizième siècle.
L'enfant est celui auquel on annonce jour et nuit sa fin prochaine, certaine, voulue: grandis.
Dès qu'une femme rêve d'un enfant, Dieu crée un monde miniature à l'intérieur de son ventre: forêts, océans, étoiles, et un bébé au centre, en plein milieu, car à tout spectacle, il faut un spectateur.
Il vaut mieux faire peu de choses et bien les savourer. On s'habitue si vite.
Dans la même œuvre
Une vie sans lecture est une vie que l'on ne quitte jamais, une vie entassée, étouffée de tout ce qu'elle retient.
Le bonheur va avec le malheur, la joie va avec la peine. Ce qui vous arrive ne va avec rien, ou bien avec tout.
Au lever de la vie, à l'aurore des yeux, on avale la vie par la bouche, par les mains, mais on ne tache pas encore ses yeux, avec de l'encre.
La muraille entre les riches et les pauvres est visible. Elle peut se déplacer ou s'effondrer par endroits. La muraille entre les lecteurs et les autres est bien plus enfoncée dans la terre, sous les visages.
A quoi reconnaît-on les gens fatigués? A ce qu'ils font des choses sans arrêt.