Le scepticisme est presque le point central de mes interrogations. Qui voudrait écrire quelque chose de correct sur moi devrait analyser la fonction qu'il a remplie dans l'ensemble de mes préoccupations et de mes hantises.
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On ne devient invulnérable que par l'ascèse, c'est-à-dire en se refusant tout. C'est alors seulement que le monde ne peut plus rien sur nous.
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Le fanatisme est la mort de la conversation. On ne bavarde pas avec un candidat au martyre. Que dire à quelqu'un qui refuse de pénétrer vos raisons et qui, du moment que l'on ne s'incline pas devant les siennes, aimerait mieux périr que céder.
Une interrogation ruminée indéfiniment vous sape autant qu'une douleur sourde.
Dès qu'un affecte un ton prophétique, il y a un début de rassemblement. Mais quand vous doutez, qui voulez-vous qui accoure ? Le doute n'est pas une trompette.
La Vérité? Une marotte d'adolescent, ou un symtôme de sénilité.
Dans la même œuvre
On ne réfléchit que parce qu'on se dérobe à l'acte. Penser, c'est être en retrait.
Le seul service que nous pouvons demander aux autres, c'est de ne pas deviner à quel point nous sommes lamentables.
L'homme est un animal surmené.
Le secret de l'Histoire, c'est le refus du salut.
Je viens d'écrire une apologie de la haine. Mais au fond ce que j'entends par haine, c'est un mouvement de désespoir, c'est la noirceur du désespoir, état purement subjectif qui n'a rien à voir avec la volonté de nuire, avec l'acharnement contre autrui.