Je voulais à la fois comprendre et condamner le crime d'Hanna. Mais il était trop horrible pour cela. Lorsque je tentais de le comprendre, j'avais le sentiment de ne plus le condamner comme il méritait effectivement de l'être. Lorsque je le condamnais comme il le méritait, il n'y avait plus de place pour la compréhension (...) Je voulais assumer les deux, la compréhension et la condamnation. Mais les deux ensemble, cela n'allait pas.
❧
On apprécie mal l'âge qu'on a pas encore derrière soi, ni juste devant.
◆
À lire aussi de Bernhard Schlink
En tant que père, être incapable d'aider ses enfants est une expérience quasi intolérable.
Le secret de la paix, c'est l'épuisement.
Si l'on sait ce qui est bon pour l'autre et qu'il refuse de le voir, on doit essayer de lui ouvrir les yeux. On doit lui laisser le dernier mot, mais on doit lui parler, à lui, et non parler à quelqu'un d'autre derrière son dos.
Il n'enjolivait pas les choses, il les trouvait belles, il trouvait la beauté là où les autres la déformaient ou la méconnaissaient, et prenait les attributs que les autres employaient pour exprimer leur admiration afin d'exprimer la sienne.
Dans la même œuvre
On apprécie mal l'âge qu'on n'a pas encore derrière soi, ni juste devant.
Seulement voilà : fuir n'est pas seulement partir, c'est aussi arriver quelque part.
Je renonçais donc à raconter. Si la vérité de ce qu'on dit, c'est ce qu'on fait, on peut aussi bien renoncer à parler.
La fuite ne consiste pas à s'occuper du passé, mais à se concentrer résolument sur le présent et l'avenir en étant aveugle à l'héritage dont nous sommes marqués et avec lequel nous devons vivre.
Alors j'ai commencé à la trahir. Non que j'aie ébruité des secrets ou fait honte à Hannah. je n'ai rien dit que j'aurai dû taire. J'ai tu ce que j'aurai dû dire. Je ne me suis pas rangé de son côté.