Le lendemain de notre conversation, Hannah avait voulu savoir ce que j'apprenais au lycée. Je lui parlai des poèmes homériques, des discours de Cicéron, et de l'histoire d'Hemingway sur le vieil homme et son combat avec le poisson et avec la mer. Elle voulut entendre à quoi ressemblaient le grec et le latin, et je lus à haute voix des passages de l'Odyssée et des Catilinaires.
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Il n'enjolivait pas les choses, il les trouvait belles, il trouvait la beauté là où les autres la déformaient ou la méconnaissaient, et prenait les attributs que les autres employaient pour exprimer leur admiration afin d'exprimer la sienne.
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Comme elle ne savait rien des auteurs, elle supposait que c'étaient des contemporains aussi longtemps que ce n'était pas manifestement exclu. J'étais stupéfait de voir la quantité d'œuvres anciennes qui peuvent effectivement se lire comme si elles étaient d'aujourd'hui.
Tu sais, vous autres enfants n'êtes pas moins cruels que nous autres parents ne l'avons été. Vous êtes plus à cheval sur vos droits, c'est tout.
l m'arrive de penser que la confrontation avec le passé nazi n'était pas la cause, mais seulement l'expression du conflit de générations qu'on sentait être le moteur du mouvement étudiant. Les aspirations des parents, dont chaque génération doit se délivrer, se trouvaient tout simplement liquidées par le fait que ces parents, sous le Troisième Reich ou au plus tard au lendemain de son effondrement, n'avaient pas été à la hauteur. Comment voulait-on qu'ils aient quelque chose à dire à leurs enfants, ces gens qui avaient commis les crimes nazis, ou les avaient regardé commettre ou avaient détourné les yeux ?
Quand les jours allongèrent, je lus plus longtemps, pour être au lit avec elle au moment du crépuscule. Lorsqu'elle s'était endormie sur moi, que la scie dans la cour s'était tue, que le merle chantait et que, dans la cuisine, il ne restait plus de la couleur des objets que des tons de gris plus ou moins clairs ou sombres, j'étais parfaitement heureux.
Dans la même œuvre
Comment veux-tu que mon fils soit heureux s'il n'est plus juif ?
A quel moment est-on obligé de s'avouer qu'une dispute n'est pas une simple dispute ? Qu'elle n'est pas un orage après lequel le soleil brille à nouveau, ni une saison pluvieuse à laquelle succédera le beau temps, mais le mauvais temps normal ? Que se réconcilier ne résout rien, ne règle rien et ne fait que traduire l'épuisement et instaurer un répit plus ou moins long, au terme duquel la dispute reprendra ?
Il faut être heureux pour pouvoir rendre heureux. Il faut se faire plaisir pour pouvoir contribuer au mieux-être des autres. Et, même si l'on ne rend heureux que soi-même, chaque miette de bonheur qui advient fait du monde un lieu plus heureux, que cette miette soit à vous ou à autrui.
Tant que l'alcoolique n'a pas touché le fond, tant qu'il peut encore tomber plus bas, il n'arrêtera pas de boire.
Toutes les histoires entre l'Est et l'Ouest ont été des histoires d'amour, avec les espoirs et les déceptions qu'elles entraînent.