Les gens sociables vivent dans le présent, les solitaires dans le passé.
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Tu sais, vous autres enfants n'êtes pas moins cruels que nous autres parents ne l'avons été. Vous êtes plus à cheval sur vos droits, c'est tout.
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Tout comme celui qui, dans un camp de concentration, a survécu mois après mois et s'est habitué, et enregistre froidement l'horreur qu'éprouvent les nouveaux arrivants. La perception qu'il en a est anesthésiée, comme celle qu'il a des morts et des meurtres quotidiens. Tous les textes des survivants témoignent de cette anesthésie, qui réduit les fonctions vitales, induit un comportement indifférent et sans scrupule, banalise le gaz et les fours. [...] Les accusées me donnaient l'impression d'être encore prisonnières, et pour toujours, de cette anesthésie, d'y être comme pétrifiées.
Je voulais assumer les deux, la compréhension et la condamnation. Mais les deux ensemble, cela n'allait pas.
C'est l'une des images d'Hanna qui me sont restées. Je les ai mises en mémoire et je puis les projeter sur un écran intérieur et les y regarder, inchangées, intactes. Parfois je reste longtemps sans y penser. Mais elles me reviennent toujours à l'esprit, alors il peut se faire que je doive plusieurs fois de suite les projeter sur l'écran intérieur et les regarder.
Mais au bout d'un certain temps, mon souvenir d'elle cessa de m'accompagner. Elle resta en arrière comme une ville quand le train repart.
Dans la même œuvre
Comment veux-tu que mon fils soit heureux s'il n'est plus juif ?
A quel moment est-on obligé de s'avouer qu'une dispute n'est pas une simple dispute ? Qu'elle n'est pas un orage après lequel le soleil brille à nouveau, ni une saison pluvieuse à laquelle succédera le beau temps, mais le mauvais temps normal ? Que se réconcilier ne résout rien, ne règle rien et ne fait que traduire l'épuisement et instaurer un répit plus ou moins long, au terme duquel la dispute reprendra ?
Il faut être heureux pour pouvoir rendre heureux. Il faut se faire plaisir pour pouvoir contribuer au mieux-être des autres. Et, même si l'on ne rend heureux que soi-même, chaque miette de bonheur qui advient fait du monde un lieu plus heureux, que cette miette soit à vous ou à autrui.
Tant que l'alcoolique n'a pas touché le fond, tant qu'il peut encore tomber plus bas, il n'arrêtera pas de boire.
Il n'enjolivait pas les choses, il les trouvait belles, il trouvait la beauté là où les autres la déformaient ou la méconnaissaient, et prenait les attributs que les autres employaient pour exprimer leur admiration afin d'exprimer la sienne.