Mais enfin l'on condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous renfermions dans le silence et l'horreur, de la honte et de la culpabilité : et voilà, c'était tout ?
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Le secret de la paix, c'est l'épuisement.
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À lire aussi de Bernhard Schlink
On apprécie mal l'âge qu'on n'a pas encore derrière soi, ni juste devant.
Quelque consistance que puisse avoir, ou ne pas avoir, moralement et juridiquement,la culpabilité collective, pour ma génération d'étudiants ce fut une réalité vécue. Elle ne concernait pas uniquement ce qui s'était passé sous le Troisième Reich. [...] Le doigt tendu vers les coupables ne nous exemptait pas de la honte. Mais il nous permettait d'en souffrir moins. Il transformait la souffrance passive causée par la honte en énergie, en activisme,en agressivité. Et le conflit avec des parents coupables étaient particulièrement énergétique.
Je renonçais donc à raconter. Si la vérité de ce qu'on dit, c'est ce qu'on fait, on peut aussi bien renoncer à parler.
Dans un service de soins intensifs, les malades sont tous sur un pied d'égalité.
Dans la même œuvre
Comment veux-tu que mon fils soit heureux s'il n'est plus juif ?
A quel moment est-on obligé de s'avouer qu'une dispute n'est pas une simple dispute ? Qu'elle n'est pas un orage après lequel le soleil brille à nouveau, ni une saison pluvieuse à laquelle succédera le beau temps, mais le mauvais temps normal ? Que se réconcilier ne résout rien, ne règle rien et ne fait que traduire l'épuisement et instaurer un répit plus ou moins long, au terme duquel la dispute reprendra ?
Il faut être heureux pour pouvoir rendre heureux. Il faut se faire plaisir pour pouvoir contribuer au mieux-être des autres. Et, même si l'on ne rend heureux que soi-même, chaque miette de bonheur qui advient fait du monde un lieu plus heureux, que cette miette soit à vous ou à autrui.
Tant que l'alcoolique n'a pas touché le fond, tant qu'il peut encore tomber plus bas, il n'arrêtera pas de boire.
Il n'enjolivait pas les choses, il les trouvait belles, il trouvait la beauté là où les autres la déformaient ou la méconnaissaient, et prenait les attributs que les autres employaient pour exprimer leur admiration afin d'exprimer la sienne.