Dans un service de soins intensifs, les malades sont tous sur un pied d'égalité.

À lire aussi de Bernhard Schlink

Mais enfin l'on condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous renfermions dans le silence et l'horreur, de la honte et de la culpabilité : et voilà, c'était tout ?
Je renonçais donc à raconter. Si la vérité de ce qu'on dit, c'est ce qu'on fait, on peut aussi bien renoncer à parler.
Plus d'une fois, au cours de ma vie, j'ai fait ce que je n'avais pas décidé, et ce que j'avais décidé, je ne l'ai pas fait. C'est un je-ne-sais-quoi qui agit; qui part rejoindre une femme que je ne veux plus voir; qui fait à un supérieur la remarque qui va me coûter ma carrière; qui continue à fumer bien que j'aie décidé d'arrêter, et qui cesse de fumer quand j'ai admis que je suis et resterai un fumeur.
Je relisais à l'époque l'Odyssée, que j'avais lue au lycée et dont je me souvenais comme de l'histoire d'un retour ua pays. Mais ce n'est pas l'histoire d'un retour au pays. Comment voudrait-on d'ailleurs que les Grecs, qui savaient qu'on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, aient cru à un tel retour? Ulysse ne revient pas pour rester, mais pour repartir. L'Odyssée est l'histoire d'un mouvement qui vise à la fois un but et n'en a pas, une histoire de succès vains. Tout comme l'histoire du droit.
Tu sais, vous autres enfants n'êtes pas moins cruels que nous autres parents ne l'avons été. Vous êtes plus à cheval sur vos droits, c'est tout.
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Dans la même œuvre

Comment veux-tu que mon fils soit heureux s'il n'est plus juif ?
A quel moment est-on obligé de s'avouer qu'une dispute n'est pas une simple dispute ? Qu'elle n'est pas un orage après lequel le soleil brille à nouveau, ni une saison pluvieuse à laquelle succédera le beau temps, mais le mauvais temps normal ? Que se réconcilier ne résout rien, ne règle rien et ne fait que traduire l'épuisement et instaurer un répit plus ou moins long, au terme duquel la dispute reprendra ?
Il faut être heureux pour pouvoir rendre heureux. Il faut se faire plaisir pour pouvoir contribuer au mieux-être des autres. Et, même si l'on ne rend heureux que soi-même, chaque miette de bonheur qui advient fait du monde un lieu plus heureux, que cette miette soit à vous ou à autrui.
Tant que l'alcoolique n'a pas touché le fond, tant qu'il peut encore tomber plus bas, il n'arrêtera pas de boire.
Il n'enjolivait pas les choses, il les trouvait belles, il trouvait la beauté là où les autres la déformaient ou la méconnaissaient, et prenait les attributs que les autres employaient pour exprimer leur admiration afin d'exprimer la sienne.