C'est seulement quand on aime que l'on ose se montrer sous un jour aussi défavorable et faire cette figure d'enfant buté et serrer les lèvres et poser d'une voix qui trébuche les mêmes questions inlassablement. Et seulement parce qu'on aime que naît cette inimité dans la voix et ce désir hargneux, à peine dissimulé, de provoquer. Elle reconnaît la passion au premier coup d'oeil.
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Non, la douleur n'est pas un naufrage. Elle n'engloutit pas, elle déferle, elle frappe. L'espace d'un éclair et se sentir vidée de son sang, le souffle et les jambes coupées, des crocs dans l'estomac, c'est cela la douleur.
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Les mots jaillissaient comme d’une mémoire insoupçonnée et à peine prononcés se convertissaient en un plaisir irrésistible, à la manière de ces chansons qui renaissent à fleur de lèvres, traînant à leur suite toutes sortes de souvenirs, un air oublié que l’on sifflote, puis que l’on fredonne en se demandant comment, mais comment l’ai-je retrouvé ?
Ainsi je ne serai pas de ceux qui auront dormi. J'éviterai cette honte.
On a beau vouloir couper avec le passé, quelque chose malgré tout demeure, qui s'accroche et dont on a le plus grand mal à se débarrasser. Il faut s'arranger de ce qui remonte dans les souvenirs comme une bulle du fond d'un marais ; il faut prévoir la main qui dans le rêve se pose plus vraie que vraie ; il faut craindre l'inconnu dont le sourire déclenche un serrement de coeur ; il faut lutter contre les bras qui ne vous cherchent plus. Il faut se mentir, être lâche, toujours prévoir le pire et savoir qu'à la moindre défaillance le combat reprendra du début.
Ma jeunesse, je le savais, ne me donnait ni plus de droits ni surtout plus d'espérances qu'aux plus vieux de mes compagnons, de mes camarades. C'était tout juste, un permis de mourir d'un coeur moins harassé.
Dans la même œuvre
Il y a des rêves qui, une fois dérangés, ne laissent aucune place à l'espoir.
La mort a des ruses étranges. Elle masque sa démarche, et les signes avant-coureurs de sa victoire peuvent souvent être interprétés à faux.
Il arrive ainsi, souvent, que la banalité exprimée à haute voix finisse par étouffer la vérité tenue secrète.
On devient curieux d'autrui lorsqu'une élémentaire hygiène mentale exige de se désintéresser de soi-même.
On a beau vouloir couper avec le passé, quelque chose malgré tout demeure, qui s'accroche et dont on a le plus grand mal à se débarrasser. Il faut s'arranger de ce qui remonte dans les souvenirs comme une bulle du fond d'un marais ; il faut prévoir la main qui dans le rêve se pose plus vraie que vraie ; il faut craindre l'inconnu dont le sourire déclenche un serrement de coeur ; il faut lutter contre les bras qui ne vous cherchent plus. Il faut se mentir, être lâche, toujours prévoir le pire et savoir qu'à la moindre défaillance le combat reprendra du début.