Œuvre

Elle, Adrienne (1971)

Terribles sont les chansons quand elles intiment l'ordre de se souvenir.
C'est seulement quand on aime que l'on ose se montrer sous un jour aussi défavorable et faire cette figure d'enfant buté et serrer les lèvres et poser d'une voix qui trébuche les mêmes questions inlassablement. Et seulement parce qu'on aime que naît cette inimité dans la voix et ce désir hargneux, à peine dissimulé, de provoquer. Elle reconnaît la passion au premier coup d'oeil.
Ça n'existe pas les voyages. N'existent que les gens avec qui on part.
On n'aime personne quand on est amoureux.
Ainsi je ne serai pas de ceux qui auront dormi. J'éviterai cette honte.
Il était sans espoir. Son passé n'était plus qu'un souvenir cruel parmi d'autres.
Ma jeunesse, je le savais, ne me donnait ni plus de droits ni surtout plus d'espérances qu'aux plus vieux de mes compagnons, de mes camarades. C'était tout juste, un permis de mourir d'un coeur moins harassé.