Les mots jaillissaient comme d’une mémoire insoupçonnée et à peine prononcés se convertissaient en un plaisir irrésistible, à la manière de ces chansons qui renaissent à fleur de lèvres, traînant à leur suite toutes sortes de souvenirs, un air oublié que l’on sifflote, puis que l’on fredonne en se demandant comment, mais comment l’ai-je retrouvé ?

À lire aussi de Edmonde Charles-Roux

Ma jeunesse, je le savais, ne me donnait ni plus de droits ni surtout plus d'espérances qu'aux plus vieux de mes compagnons, de mes camarades. C'était tout juste, un permis de mourir d'un coeur moins harassé.
Il suffit d’un rien, d’un geste, d’un regard où l’on devine la lassitude. C’est cette chiquenaude imprévisible, cette brusque embardée qui nous fait basculer sans que nous nous en doutions du bonheur dans le malheur, c’est cela que l’on appelle le mauvais oeil... Avoue que l’on aurait tort de ne pas se prémunir.
Un souvenir vous colle à la peau, vous appartient comme une enfance.
Il n'y a que les amoureux auxquels il n'arrive rien... L'amour est une fable qui se suffit à elle-même.
Il était sans espoir. Son passé n'était plus qu'un souvenir cruel parmi d'autres.
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Dans la même œuvre

Il y a des rêves qui, une fois dérangés, ne laissent aucune place à l'espoir.
Non, la douleur n'est pas un naufrage. Elle n'engloutit pas, elle déferle, elle frappe. L'espace d'un éclair et se sentir vidée de son sang, le souffle et les jambes coupées, des crocs dans l'estomac, c'est cela la douleur.
La mort a des ruses étranges. Elle masque sa démarche, et les signes avant-coureurs de sa victoire peuvent souvent être interprétés à faux.
Il arrive ainsi, souvent, que la banalité exprimée à haute voix finisse par étouffer la vérité tenue secrète.
On devient curieux d'autrui lorsqu'une élémentaire hygiène mentale exige de se désintéresser de soi-même.