On a beau vouloir couper avec le passé, quelque chose malgré tout demeure, qui s'accroche et dont on a le plus grand mal à se débarrasser. Il faut s'arranger de ce qui remonte dans les souvenirs comme une bulle du fond d'un marais ; il faut prévoir la main qui dans le rêve se pose plus vraie que vraie ; il faut craindre l'inconnu dont le sourire déclenche un serrement de coeur ; il faut lutter contre les bras qui ne vous cherchent plus. Il faut se mentir, être lâche, toujours prévoir le pire et savoir qu'à la moindre défaillance le combat reprendra du début.

À lire aussi de Edmonde Charles-Roux

Non, la douleur n'est pas un naufrage. Elle n'engloutit pas, elle déferle, elle frappe. L'espace d'un éclair et se sentir vidée de son sang, le souffle et les jambes coupées, des crocs dans l'estomac, c'est cela la douleur.
On devient curieux d'autrui lorsqu'une élémentaire hygiène mentale exige de se désintéresser de soi-même.
Il n'y a que les amoureux auxquels il n'arrive rien... L'amour est une fable qui se suffit à elle-même.
Un souvenir vous colle à la peau, vous appartient comme une enfance.
Ça n'existe pas les voyages. N'existent que les gens avec qui on part.
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Dans la même œuvre

Il y a des rêves qui, une fois dérangés, ne laissent aucune place à l'espoir.
Non, la douleur n'est pas un naufrage. Elle n'engloutit pas, elle déferle, elle frappe. L'espace d'un éclair et se sentir vidée de son sang, le souffle et les jambes coupées, des crocs dans l'estomac, c'est cela la douleur.
La mort a des ruses étranges. Elle masque sa démarche, et les signes avant-coureurs de sa victoire peuvent souvent être interprétés à faux.
Il arrive ainsi, souvent, que la banalité exprimée à haute voix finisse par étouffer la vérité tenue secrète.
On devient curieux d'autrui lorsqu'une élémentaire hygiène mentale exige de se désintéresser de soi-même.