N'est perdu que celui qui s'abandonne lui-même, sa fichue devise, sur ce point, au moins, il ne l'a pas trahi.

À lire aussi de Olivier Guez

Les premiers dribleurs flamboyants étaient des descendants d'esclaves, des «malandros». Leur corps a longtemps été leur seule propriété. Et déstabiliser l'autre sans commettre de crime, sans user de la force, était pour eux la seule manière de survivre, sur un terrain de foot comme dans la vie. Le malandro, moitié voyou, moitié dandy, ne peut compter que sur sa roublardise. Au-delà du foot, on dit de lui que c'est un dribbleur social.
Il y a dans le dribble quelque chose de très beau, un esthétisme fou, mais il y aussi une vraie violence. Le dribble est à l'image du Brésil. Comme la société où il a émergé, c'est un geste sans cesse sur le point de rupture.
À nation métisse, football fanfare. Le dribble est le reflet de l'ethos afro-brésilien, le reflet de deux traits de caractère: le goût du prestige personnel et plus encore la malandrade, c'est à dire la roublardise.
À Rio, vous pouvez rester des après-midi à regarder des gens jouer sur la plage. C'est un spectacle formidable.
Par opposition au jeu européen, physique et géométrique, le jeu brésilien est intimement lié à la notion de jouissance.
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Méfiance, l'homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes.
La conscience est une instance malade, inventée par des êtres morbides afin d'entraver l'action et de paralyser l'acteur.
Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s'étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s'éclipse et des hommes reviennent propager le mal.
L'Histoire est le récit des contradictions humaines ; capitalisme et communisme font de l'individu un insecte, le premier l'exploite, le second l'asservit.
L'humanité est une morphologie qui n'a pas plus de but et de plan que l'orchidée ou le papillon