Avant, quand les gens disaient que j’étais différente, j’aimais pas trop, j’avais l’impression d’être dans un jeu « trouvez l’intrus ». Mais finalement, je veux toujours restée différente. Je ne veux jamais devenir comme les autres. C’est bête d’être les autres alors qu’on est soi.
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Mon endroit préféré, c'est le sommeil. Lorsque je m'y trouve, je n'ai plus d'âge. Je n'ai plus mal. La peur n'existe plus. Il m'arrive d'y croiser mes parents, ma sœur chérie et toutes ces personnes qui n'existent plus que dans ma mémoire. Je peux courir, danser jusqu'à en perdre le souffle, serrer ma fille dans mes bras, je peux même voler. Le sommeil est un radeau auquel je m'agrippe dans un torrent qui va beaucoup trop vite.
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J'ai envie, au choix ou tout à la fois, de disparaître, de devenir invisible, de mourir, de me désintégrer, de faire demi-tour, de rembobiner. Oui, voilà, c'est ça. On peut rembobiner, s'il vous plaît ?
Je ne suis pas une aventurière. Je n’aime pas les surprises, j’ai besoin de tout anticiper, de tout organiser. L’inconnu m’angoisse, le manque de contrôle me tétanise. Je me suis enfermée dans une bulle rassurante, les mêmes lieux, les mêmes personnes, les mêmes trajets. Je refuse systématiquement tout ce qui se trouve à l’extérieur de ce périmètre.
Pour se relaxer, certaines personnes vont au hammam, d'autres font du sport. Moi, je repasse. Je ne connais rien de plus apaisant que le fer brûlant qui glisse sur le tissu et le transforme en un clin d'œil. De froissé et rêche, il devient lisse et doux. Pourvu qu'un jour on inventé un fer à repasser sa vie.
Aristote : « Être heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections. »
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La vie est comme une danse. On entre en scène, on apprend les pas, on se laisse porter, on compte les temps, et on tire sa révérence.
La vie est comme une danse.
J’ai appris que, parfois, souvent, le bonheur est l’antichambre du bonheur. Surtout, j’ai appris que l’inverse était vrai : le bien attend, tapi, que tout aille mal pour nous surprendre.
Les gouttes de pluie qui rebondissent sur le sol, une abeille qui butine, la douceur du silence, la mélodie d’une voix aimée, la magie d’un corps qui vit, l’éclat du soleil sur une perle de rosée, le chant du merle, la caresse du vent. Nous sommes entourés de merveilleux.
Sachez que l’amour n’est jamais ridicule. Ce qui l’est, c’est de ne pas oser lui donner l’éclat qu’il mérite.