Œuvre

Tu comprendras quand tu seras plus grande (2017)

J'ai peur de perdre tous mes souvenirs. Je me fiche d'oublier ce que j'ai mangé une heure avant, mais j'ai peur d'oublier la joie intense que j'ai ressentie à la naissance de chacun de mes enfants, j'ai peur d'oublier combien j'ai aimé les câliner, les rassurer, les voir sourire... j'ai peur d'oublier les visages heureux de mes petits-enfants quand ils jouaient sous le cerisier de mon jardin, j'ai peur d'oublier la tendresse dans les yeux de mes parents. Je vais m'accrocher à ces souvenirs-là de toutes mes forces, en espérant que la maladie prendra d'abord les autres, puisque je n'ai d'autre choix que de les lui donner.
Certains disent que la vieillesse est un naufrage, moi je pense que c'est une chance. Un honneur. Tout le monde n'y a pas accès.
Si la vieillesse était douce à vivre, personne ne voudrait que ça s'arrête. Le fait qu'elle soit si rude rend l'existence moins attachante. La vieillesse a été inventée pour se détacher de la vie.
Aristote : « Être heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections. »
La vie, c'est comme un château de cartes. On met un temps infini à le construire, on essaie de poser des bases solides, on monte un étage après l'autre, et puis, un jour, tout s'effondre et quelqu'un les range dans une boîte. A quoi bon, vous pouvez me dire ?
Chaque matin , il me faut dix bonnes minutes pour m'extirper du lit . J'ai l'impression d'être un petit bout de papier plié en huit , qu'il faut déplier avec soin sous peine de le déchirer .
J'en ai désormais la certitude ; je suis devenue folle. Quelque chose a vrillé dans ma tête, j'ai déraillé, dévissé, dérapé, déliré, déchaussé, déboulonné et tous les mots qui commencent par dé.
La mémoire est un dessin au crayon à papier.
J'ai envie, au choix ou tout à la fois, de disparaître, de devenir invisible, de mourir, de me désintégrer, de faire demi-tour, de rembobiner. Oui, voilà, c'est ça. On peut rembobiner, s'il vous plaît ?
Parfois, j'ai cette drôle d'impression que la vie est un jeu vidéo. On commence la partie avec plusieurs jauges pleines. La jauge de sérénité, la jauge de force, la jauge d'énergie, la jauge de joie. Sur notre chemin, on va croiser quelques ennemis, faire face à des attaques, parfois se tromper de chemin, sauter sur des bombes, chuter dans des trous, buter contre des obstacles. A chaque fois, nos jauges vont être entamées, mais des bonus "Bonheur" vont nous aider à les recharger. Le bonus "Mariage", le bonus "Naissance d'un enfant", le bonus "Soirée en famille". Ces bonus sont précieux, ce sont eux qui déterminent la qualité de la partie, parfois même sa durée. A la fin de chaque tableau, on doit affronter un gros monstre. Parmi les plus terrifiants, il y a le monstre "Deuil", le monstre "Maladie", le monstre "Chômage", le monstre "Rupture". Ceux-là, ils sont coriaces. Il faut du temps pour en venir à bout. Même si on y parvient, ils emportent toujours avec eux une bonne partie de chaque jauge. Un jour, les bonus ne sont plus assez costauds pour restaurer la joie, l'énergie et la force.
Parfois, j'ai cette drôle d'impression que la vie est un jeu vidéo. On commence la partie avec plusieurs jauges pleines. La jauge de sérénité, la jauge de force, la jauge d'énergie, la jauge de joie. Sur notre chemin, on va croiser quelques ennemis, faire face à des attaques, parfois se tromper de chemin, sauter sur des bombes, chuter dans des trous, buter contre des obstacles. A chaque fois, nos jauges vont être entamées, mais des bonus "Bonheur" vont nous aider à les recharger.
Je n'aime pas les vieux. Si je veux être totalement exacte, ce n'est pas que je ne les aime pas, même si je ne peux pas dire que je les aime, c'est qu'ils me font peur. Ils tutoient la mort, et moi, je préfère la vouvoyer .
Le temps passe, et on passe avec. Il est souvent trop tard quand on se rend compte que l'on a passé à côté de sa vie.
Ma femme, je l'aime encore plus qu'au premier regard. Quand je vois les jeunes de maintenant, qui se séparent au premier obstacle, je me dis que nous avons de la chance d'avoir vécu à cette époque. Sinon, nous serions sans doute devenu des étrangers et je ne saurais même pas à côté de quel bonheur je serais passé. Attention, je ne dis pas c'est facile! Bien au contraire, il est plus simple d'arrêter d'aimer que de faire l'effort de s'accrocher.
Il est plus simple d'arrêter d'aimer que de faire l'effort de s'accrocher.
D'hier, il ne fut garder que le positif.De demain, il ne faut rien attendre. On ne peut pas changer le passé, on ne peut pas connaître l'avenir.
La perspective de travailler avec des personnes âgées m'emballait à peu près autant que d'embrasser une araignée, mais c'était une question de survie.
La vie est courte, mon garçon, et on n'en a qu'une, il ne faut accorder de temps qu'à ce qui en vaut vraiment la peine.
L'amour c'est comme un tricot : on enchaîne les rangs tranquillement, on fait de jolis motifs dont on est fier, parfois on focalise sur une maille manquée. Mais en fin de compte, ce qui en restera, c'est un pull-over chaud et réconfortant.
Si la vieillesse était douce à vivre, personne ne voudrait que ça s'arrête. Le fait qu'elle soit si rude rend l'existence moins attachante. La vieillesse a été inventée pour se détacher de la vie.
La vieillesse a été inventée pour se détacher de la vie.
Dommage qu'il n'existe aucune opération capable de faire disparaître l'aigreur. Il mériterait une bonne injection d'amabilité, et sans anesthésie.
Le plus dur, ce ne sont pas les vieux. Ce sont les cons. En plus, la canicule ne peut rien contre eux.
Dans tous les cas, l’espérance mène plus loin que la crainte.