Œuvre

Quand nos souvenirs viendront danser (2019)

La vie est comme une danse. On entre en scène, on apprend les pas, on se laisse porter, on compte les temps, et on tire sa révérence.
La vie est comme une danse.
J’ai appris que, parfois, souvent, le bonheur est l’antichambre du bonheur. Surtout, j’ai appris que l’inverse était vrai : le bien attend, tapi, que tout aille mal pour nous surprendre.
Les gouttes de pluie qui rebondissent sur le sol, une abeille qui butine, la douceur du silence, la mélodie d’une voix aimée, la magie d’un corps qui vit, l’éclat du soleil sur une perle de rosée, le chant du merle, la caresse du vent. Nous sommes entourés de merveilleux.
Sachez que l’amour n’est jamais ridicule. Ce qui l’est, c’est de ne pas oser lui donner l’éclat qu’il mérite.
Plus nous approchons de la ligne d'arrivée, plus nous avons conscience de ce qui compte vraiment, plus l'insignifiant le devient.
On devient invisible en même temps que vieux.
Les promesses à soi-même sont les seules que l’on peut trahir sans blesser qui que ce soi.
Je me balade dans notre couple les yeux fermés, je connais chaque mur, chaque porte, j'y suis chez moi. Mon foyer, c'est nous deux.
On regarde les choses différemment quand on sait qu'on ne les verra bientôt plus.
On devrait savoir à l'avance que les fois sont les dernières. On les vivrait plus intensément.
Les souvenirs sont mes biens les plus précieux. Il m’arrive de penser à ma grand-mère, qui les a perdus les uns après les autres, de me demander ce qui se passe dans une tête dévalisée de son histoire. Peut-on s’émouvoir de l’odeur de l’herbe fraîchement coupée si elle ne nous renvoie pas à nos après-midi d’enfance ? Peut-on frissonner en entendant Ella Fitzgerald alors qu’elle ne rappelle aucune soirée délicieuse ? Peut-on avoir envie de se lever quand on ne sait plus ce qu’est un matin ? Le présent importe-t-il quand le passé s’est évaporé ?
Le présent importe-t-il quand le passé s’est évaporé ?
Mon endroit préféré, c'est le sommeil. Lorsque je m'y trouve, je n'ai plus d'âge. Je n'ai plus mal. La peur n'existe plus. Il m'arrive d'y croiser mes parents, ma sœur chérie et toutes ces personnes qui n'existent plus que dans ma mémoire. Je peux courir, danser jusqu'à en perdre le souffle, serrer ma fille dans mes bras, je peux même voler. Le sommeil est un radeau auquel je m'agrippe dans un torrent qui va beaucoup trop vite.
Le sommeil est un radeau auquel je m'agrippe dans un torrent qui va beaucoup trop vite.
Vis, danse, ris, aime, cours, découvre, vibre, profite. Ne perds jamais de vue l’essentiel : l’histoire a vraiment une fin.
L’attente est sans doute la chose la plus insupportable. Quand l’espoir se bat contre l’angoisse, quand on ne sait pas lequel sortira vainqueur. Toute notre vie, on attend.
Si un jour quelqu'un tombe sur mes carnets, je serai certainement taxée de mièvrerie et je ne pourrai m'en défendre. Seulement, sachez que l'amour n'est jamais ridicule. Ce qui l'est, c'est de ne pas oser lui donner l'éclat qu'il mérite.
Les hérissons sortent leurs piquants pour se protéger. Les miens sont toujours dehors. S'ouvrir, c'est prendre le risque d'être blessé.
Il ne faut pas pleurer ce qui ne sera plus, mais chérir ce qui a été.