Lorsque des éléments, des détails, même anodins, reviennent régulièrement dans une enquête, il faut toujours les retenir, parce qu'ils dissimulent à coup sûr une signification profonde.

À lire aussi de Jean-Christophe Grangé

Le diable, le vrai, nous est apparu ce matin. Un être mauvais, hostile, cruel, un maître de l'apostasie qui s'active au fond de chaque esprit.
Bizarrement, alors qu'un flic de la Crime se doit d'être psychologue, il avait toujours l'impression de passer à côté de la vie des gens, de ne rien piger à leurs motivations, leurs rêves, leurs angoisses. Il était beaucoup plus en phase avec les tueurs.
Il détestait les groupes, les clans, les corporations. Tous ceux qui avaient besoin d'être plusieurs pour être quelqu'un. Les partis politiques, les francs-macs, les racistes, les antiracistes, les écolos, les syndiqués, les lobbyistes, les juges, les flics, les militaires, sans oublier les juifs, les cathos, les musulmans et les pd... Tous pour un, tous paumés.
Les yeux, à eux seuls, étaient un poème : verts, légers, ourlés d'ombre, comme flambés par quelque vieille croyance balkanique. Et puis telle une mitre, il y avait le crâne : totalement chauve et dressé vers le ciel, comme une prière.
J'ignore si ces cigognes apportaient des bébés, mais elles savaient s'occuper des morts.
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Dans la même œuvre

Chaque élément d'une enquête est un miroir. Et le tueur se cache dans l'un des angles morts.
Dans une enquête, chaque fait, chaque témoin est un miroir, dans lequel se reflète une des vérités du crime.
Personne ne peut comprendre un flic. Encore moins le juger. Nous évoluons dans un monde brutal, incohérent, fermé. Vous êtes en dehors, et vous ne pouvez plus le comprendre. Vous êtes en dedans, et vous perdez toute objectivité.
Niémas roula d'une seule traite, pleins phares, au mépris des radars et des limitations de vitesse.
Le silence se referma sur ses paroles. Barnes était livide, Joisneau comme cristallisé sur sa terreur.