Il est désormais reconnu qu'il n'y avait que 7 prisonniers hagards enfermés à la Bastille le 14 juillet 1789. Autrement dit, il n'y avait presque personne à libérer. Mais l'Histoire retient plus les symboles que les faits. Si elle se répétait aujourd'hui, la prise de la Bastille libèrerait des milliers de prisonniers de la consommation
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Les grands-soirs-Maman, elle écrit des notes dans la pile de livres sur son bureau. Je l'imite avec mes livres de classe. Plus je note mes livres, plus je reste avec Maman, alors je note. Et quand je note suffisamment longtemps, elle finit par s'arrêter de noter. Elle se lève, me serre dans ses bras.
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Place de la Bastille, l'Ange doré est toujours nu au-dessus de son obélisque. Les anges étant asexués, il peut s'habiller indifféremment chez Camaïeu ou chez Celio. Comment lui dire que ce sont les soldes ?
Sur les Champs-Elysées, le Virgin Megastore se trouve au-dessus du Monoprix. Le plafond des surgelés est le plancher du rayon des livres. Le filet de cabillaud surgelé d'Alaska prédécoupé Queens Ocean, juste au-dessous d'un Anna Gavalda : rencontre des fadeurs.
Dans les allées des parfums, l'éclairage est feutré. Privilégier l'odorat. Dans les allées des maquillages, l'éclairage est vif. Privilégier la vue. Partout, la musique est nulle. Privilégier la surdité.
Biomécanique du vigile : par quel paradoxe biomécanique le vigile a-t-il si mal au coccyx alors qu'il est debout toute la journée?
Dans la même œuvre
L'Histoire est un leurre. Au mieux le compte-rendu rieur d'un temps et son humeur.
Maman dit que les histoires qui nous touchent, il faut les enfermer au fond de son coeur pour ne pas les oublier.
J'ai honte d'avoir ces années d'avance. Je ne veux pas être un patron chien, aboyer sur les ouvriers et cumuler comme ça les années d'avance sans les partager avec les masses laborieuses.
Maman est au paradis socialiste. Camarade Papa à la commune de Paris. Moi je pars pour l'enfer des colonies d'Afrique et d'Asie.
À la maison, Maman me parle le néerlandais de l'école, Camarade Papa le français de la révolution. Entre eux, ils parlent le cri. Le cri du peuple souverain pour dénoncer l'odieuse pression capitaliste sur les sources de ressources.