Maman dit que les histoires qui nous touchent, il faut les enfermer au fond de son coeur pour ne pas les oublier.

À lire aussi de Armand Patrick Gbaka-Brédé , dit Gauz

Les circonlocutions moyenâgeuses et les phrases lèche-cul des lettres de motivation font sourire en un tel lieu et dans de telles circonstances. Pour tous ici, il y a une très forte motivation, même si elle est différente selon le côté de la baie vitrée où l'on se trouve. Pour le mâle dominant dans la cage au fond de l'open space, avoir le plus gros chiffre d'affaires possible. Par tous les moyens. Caser le maximum de personnes possible est un de ces moyens-à. Pour la cordée noire de la cage d'escalier, sortir du chômage ou des emplois précaires. Par tous les moyens.
J'ai honte d'avoir ces années d'avance. Je ne veux pas être un patron chien, aboyer sur les ouvriers et cumuler comme ça les années d'avance sans les partager avec les masses laborieuses.
Ennui, sentiment d'inutilité et de gâchis, impossible créativité, agressivité surjouée, manque d'imagination, infantilisation, etc., sont les corollaires du métier de vigile. Or, militaire est une forme exagérée de vigile.
Maman est au paradis socialiste. Camarade Papa à la commune de Paris. Moi je pars pour l'enfer des colonies d'Afrique et d'Asie.
Place de la Bastille, l'Ange doré est toujours nu au-dessus de son obélisque. Les anges étant asexués, il peut s'habiller indifféremment chez Camaïeu ou chez Celio. Comment lui dire que ce sont les soldes ?
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L'Histoire est un leurre. Au mieux le compte-rendu rieur d'un temps et son humeur.
Les grands-soirs-Maman, elle écrit des notes dans la pile de livres sur son bureau. Je l'imite avec mes livres de classe. Plus je note mes livres, plus je reste avec Maman, alors je note. Et quand je note suffisamment longtemps, elle finit par s'arrêter de noter. Elle se lève, me serre dans ses bras.
J'ai honte d'avoir ces années d'avance. Je ne veux pas être un patron chien, aboyer sur les ouvriers et cumuler comme ça les années d'avance sans les partager avec les masses laborieuses.
Maman est au paradis socialiste. Camarade Papa à la commune de Paris. Moi je pars pour l'enfer des colonies d'Afrique et d'Asie.
À la maison, Maman me parle le néerlandais de l'école, Camarade Papa le français de la révolution. Entre eux, ils parlent le cri. Le cri du peuple souverain pour dénoncer l'odieuse pression capitaliste sur les sources de ressources.