Sartre n'aimait pas son enfance. Moi, j'ai aimé la mienne. Mais comme Sartre, et comme un très grand nombre de lecteurs, j'ai sans doute été programmé. Je ne m'en plains pas, bien au contraire. J'essaie de faire la même chose avec mes enfants. Et je me réjouis d'être tombé amoureux de la lecture, même si le rendez-vous était arrangé. Après tout, cela aurait pu rater.
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Le savoir est une arme, la bibliothèque est un arsenal.
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À lire aussi de Edouard Philippe
Écrire, c'est aimer lire encore un peu plus.
Lire est important pour l'homme public. Que serait une vie sans lecture, sans cette sédimentation imparfaite et aléatoire d'expériences, de connaissances et de sensations qui s'additionnent et s'assemblent de façon unique pour s'y ajouter et pour l'embellir ?
La lecture, recours contre le quotidien et la pression du court terme. Lieu privilégié, jardin secret.
Mais pourquoi se priver de cette profondeur, de cette épaisseur et de cette distance que procure la lecture ?
Dans la même œuvre
La lecture, recours contre le quotidien et la pression du court terme. Lieu privilégié, jardin secret.
Appelez cela de l'égoïsme ou de la possessivité si vous voulez mais le fait est là : je ne donne pas mes livres. Et je les prête encore moins, même à mes meilleurs amis, pour respecter le vieil adage selon lequel un livre prêté est un livre perdu.
Offrir un livre, c'est transmettre une partie de soi.
Offrir un livre n'est jamais neutre, et peut, entre deux individus être l'instrument d'une transmission immatérielle, parfois indicible mais puissante.
Que serait une vie sans la lecture, sans cette sédimentation imparfaite et aléatoire d'expériences, de connaissances et de sensations qui s'additionnent et s'assemblent de façon unique pour s'y ajouter et pour l'embellir ? Lire, c'est accéder à des expériences inconcevables - et bien souvent non souhaitables ! - et éprouver des sentiments extrêmes mais qui font partie de l'expérience totale de l'humanité.